LES CHARISMES DANS L’ASSEMBLEE DE PRIERE

LES CHARISMES DANS L’ASSEMBLEE DE PRIERE

Sommaire

Introduction

Fiche n° 1 : Travail biblique à partir des épîtres de Paul, par Régine Maire

Fiche n° 2 : Charismes, dons naturels, dons du Saint Esprit, par le Père Ado Bedoin et rapide historique, par Régine Maire

Fiche n° 3 : Les charismes dans l’assemblée de prière, par Etienne Garin, Violaine Aufauvre, Geneviève Constant

Fiche n° 4 : Charismes de la Parole, des langues et du discernement, par le Père Emiliano Tardif

Fiche n° 5 : Critères de discernement pour l’exercice des charismes, par Etienne Garin, Violaine Aufauvre, Geneviève Constant

Fiche n° 6 : Ne laissons pas s’éteindre les charismes, par David Roth, le Père Jean-Marie Gaudeul et Mgr Joseph Boishu

Fiche n° 7 : Questions-réponses autour de l’exercice des charismes, par Guy Noël

Fiche n° 8 : Le Renouveau charismatique : mise en perspective et repères, par Pierre Chieux

Fiche n° 9 : Proposition d’un temps de formation et de partage avec ceux qui exercent des charismes prophétiques, par Guy Noël

Jean-Paul ll, célébrations des premières Vêpres de la solennité de la Pentecôte, 26 mai 2004

« Très chers frères et sœurs ! La célébration de ce soir me rappelle à l’Esprit la mémorable rencontre avec les mouvements ecclésiaux et les Communautés nouvelles lors de la veillée de Pentecôte, il y a six ans. Ce fut une extraordinaire épiphanie de l’unité de l’Eglise, dans la richesse et la variété des charismes, que l’Esprit Saint accorde en abondance. Je répète aujourd’hui avec force ce que j’ai pu observer à cette occasion : les mouvements ecclésiaux et les Communautés nouvelles sont une “réponse providentielle”, “suscitée par l’Esprit Saint”, à la demande actuelle de nouvelle évangélisation, pour laquelle sont nécessaires des “personnalités chrétiennes mûres” et des “communautés chrétiennes vivantes” (cf. Insegnamenti XXI, 1 [1998], p. 1123).

C’est pourquoi, je vous dis à vous aussi : “Ouvrez-vous avec docilité aux dons de l’Esprit ! Accueillez avec gratitude et obéissance les charismes que l’Esprit ne cesse de répandre ! N’oubliez pas que chaque charisme est donné pour le bien commun, c’est-à-dire pour le bénéfice de toute l’Eglise” (ibid., p. 1122) ».

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Fraternité Pentecôte, Service national des groupes de prière du Renouveau Charismatique, a vocation d’aider les groupes de prière à vivre pleinement la grâce propre du Renouveau. Pour cela elle organise des rassemblements, des sessions de formation, et propose aussi des publications, telles que la revue « Pentecôte Aujourd’hui ».

Ayant constaté que le besoin se faisait sentir de donner des points de repères « éprouvés » sur lesquels se fonde la vie charismatique et s’organisent les groupes de prière, Fraternité Pentecôte a jugé bon de constituer une série de numéros spéciaux de sa revue à cet effet.

Comment ?

L’élaboration de ces fiches de travail a été confiée à Régine Maire, membre du Renouveau Charismatique depuis 1972 et au service du diocèse de Lyon pour la formation et les relations œcuméniques. Son travail a consisté à rechercher d’abord un texte biblique sur lequel s’enracine la réflexion, puis, dans la documentation déjà parue sur le sujet, à sélectionner quelques articles de base.

Des membres de la Fraternité Pentecôte ont mis en forme ces différents documents, les ont actualisés et complétés notamment par des propositions de temps de formation.

Pour qui ?

Les destinataires de ces fiches sont les responsables engagés dans le Renouveau Charismatique et qui portent particulièrement le souci de la formation : principalement les membres des équipes diocésaines ainsi que les équipes régionales, qui organisent des rencontres de formation, mais aussi les responsables des groupes de prière et plus particulièrement les plus récents dans ce service. Le renouvellement des responsables et participants à ces groupes de prière demande de rappeler en permanence les fondements de la vie charismatique.

Quels documents ?

Les articles choisis peuvent présenter plusieurs niveaux de lecture :

  • Certains, plus immédiatement accessibles, serviront de base à la réflexion.

  • D’autres paraîtront peut-être d’un abord plus difficile et seront alors réservés à ceux qui désirent un approfondissement des questions.

Comment utiliser ces fiches de travail ?

Ces fiches visent à aider à la formation de ceux qui sont en responsabilité actuelle ou à venir dans les groupes de prière du Renouveau Charismatique, et notamment les bergers et membres des noyaux.

Elles seront aussi une aide pour tous ceux qui doivent effectuer des enseignements dans leur groupe de prière.

De ce fait elles pourront être travaillées :

  • Dans des rencontres de formation (journées, week-ends, …).

  • En noyau, voire en noyau élargi à d’autres membres du groupe.

  • A titre personnel, bien que cela limite leur intérêt.

Ces fiches ont 2 objectifs :

  • Fournir des documents de travail et de réflexion pour les responsables de formation.

  • Proposer des éléments pédagogiques pour animer des temps de formation.

  • En ce sens elles ne proposent pas un cadre rigide, mais plutôt des pistes et des documents que le ou les formateurs devront adapter au public, au temps disponible ainsi qu’aux buts de la formation. Il est bien compréhensible qu’une formation pour des “nouveaux” responsables sera différente de celle pour des responsables plus anciens. De même la pédagogie devra s’adapter au vécu, aux problèmes et aux attentes des participants.

De ce fait, le contenu, le déroulement et la pédagogie des temps de formation devront être repensés à chaque fois.

  • De même, tous les documents proposés ne sont à utiliser ni systématiquement, ni dans leur totalité à chaque formation. Leur variété permet justement de choisir les passages et les thèmes qui seront les plus pertinents face aux buts recherchés.

  • Une des utilisations possibles est de fournir aux responsables de la formation des éléments solides pour assurer eux-mêmes des temps d’enseignement. En ce cas il ne s’agit pas pour l’enseignant de lire aux participants le ou les textes proposés, mais de les redonner, après un travail personnel, avec la grâce et la pédagogie qui est la sienne. Certes pour les débutants en ce domaine, ce ne sera pas parfait la première fois, mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Jésus lui-même n’a pas craint de donner des responsabilités à ses disciples : “Donnez-leur vous-mêmes à manger” (Mt 14, 16).

Puissent ces fiches aider ceux qui dans les diocèses et les groupes ont ce souci de la formation.

                                                                                                            Que l’Esprit Saint guide votre travail !

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LES CHARISMES DANS L’ASSEMBLEE DE PRIERE         Fiche n°1

Travail biblique à partir des épîtres de Paul

(Traduction : la Bible en français courant)

par Régine Maire

Le mot “charisme” tel que l’emploie Paul est toujours associé à la communauté chrétienne comme Corps du Christ. Il l’emploie au pluriel, il s’agit de dons gratuits (charis = grâce) distribués en vue du rôle que chacun est appelé à tenir dans l’assemblée. Les charismes sont divers et répartis : ainsi ils fonctionnent comme un principe de différenciation et déterminent la fonction que chaque membre doit exercer, dans un unique Esprit. Ils sont toujours soumis à l’Eglise.

Epître aux Romains, chapitre 12, versets 3 à 8

3 A cause du don que Dieu m’a accordé dans sa bonté, je le dis à vous tous: n’ayez pas une opinion de vous-mêmes plus haute qu’il ne faut. Ayez au contraire des pensées modestes, chacun selon la part de foi que Dieu lui a donnée.

4 Nous avons un seul corps, mais avec plusieurs parties qui ont toutes des fonctions différentes.

5 De même, bien que nous soyons nombreux, nous formons un seul corps dans l’union avec le Christ et nous sommes tous unis les uns aux autres comme les parties d’un même corps.

6 Nous avons des dons différents à utiliser selon ce que Dieu a accordé gratuitement à chacun. Si l’un de nous a le don de transmettre des messages reçus de Dieu, il doit le faire selon la foi.

7 Si un autre a le don de servir, qu’il serve. Celui qui a le don d’enseigner doit enseigner.

8 Celui qui a le don d’encourager les autres doit les encourager. Que celui qui donne ses biens le fasse avec une entière générosité. Que celui qui dirige le fasse avec soin. Que celui qui aide les malheureux le fasse avec joie.

1ère Epître aux Corinthiens, chapitre 12, versets 4 à 12

4 Il y a diverses sortes de dons spirituels, mais c’est le même Esprit qui les accorde.

5 Il y a diverses façons de servir, mais c’est le même Seigneur que l’on sert.

6 Il y a diverses activités, mais c’est le même Dieu qui les produit toutes en tous.

7 En chacun l’Esprit Saint se manifeste par un don pour le bien de tous.

8 L’Esprit donne à l’un de parler selon la sagesse, et à un autre le même Esprit donne de parler selon la connaissance.

9 Ce seul et même Esprit donne à l’un une foi exceptionnelle et à un autre le don de guérir les malades.

10 L’Esprit accorde à l’un de pouvoir accomplir des miracles, à un autre le don de transmettre des messages reçus de Dieu, à un autre encore la capacité de distinguer les faux esprits du véritable Esprit. A l’un il donne la possibilité de parler en des langues inconnues et à un autre la possibilité d’interpréter ces langues.

11 C’est le seul et même Esprit qui produit tout cela ; il accorde à chacun un don différent, comme il le veut.

12 En effet, le corps est un, et pourtant il y a plusieurs membres ; mais tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps : il en est de même du Christ.

 

Lire les deux textes de Paul et comparer sa pensée :

 Dans la lettre aux Romains, de quelle idée part-il et pour arriver où ?

 Dans le passage aux Corinthiens, que considère-t-il d’abord ? Pour quelle affirmation ensuite?

 Dans ces deux textes, souligner les charismes décrits par Paul. Noter les différences : Paul connaissait bien la communauté de Corinthe et pas du tout celle de Rome. Qu’est-ce qui, d’après vous, a déterminé son choix ?

Sur 1 Corinthiens, 12

v. 4-6 : Remarquer l’origine trinitaire des dons, services, activités dans la communauté. Quel critère est-il donné ici pour reconnaître la présence de l’Esprit ?

v. 7-11 : Que veut nous montrer Paul avec cette insistance “à l’un….à l’autre”…?

Que pensez-vous de cette liste (hiérarchie ?) des charismes ici ?

v. 8 : Il s’agit de deux actes de parole, et c’est le contenu de la parole dite qui peut confirmer qu’il s’agit d’un don de l’Esprit.

v. 9 : Pour vous qu’est-ce que le charisme de foi ? Pourquoi a-t-il sa place dans cette liste ? Don de guérir : d’après vous, s’agit-il d’un pouvoir habituel ou occasionnel ?

v. 10 : Pourquoi Paul lie-t-il le don de prophétie et celui de discernement ? Pourquoi deux personnes différentes ?

Dans le chapitre 14 de cette même lettre aux Corinthiens, Paul va essayer de mettre un peu d’ordre dans l’Eglise de Corinthe. Il va aborder l’exercice des charismes de prophétie et de parler en langues.

1ère épître aux Corinthiens, chapitre 14, versets 1 à 33

1 Cherchez donc avant tout à recevoir l’amour. Désirez aussi les dons spirituels, surtout celui de transmettre les messages reçus de Dieu.

2 Celui qui parle en des langues inconnues ne parle pas aux hommes mais à Dieu, car personne ne le comprend. Par la puissance de l’Esprit, il exprime des vérités mystérieuses.

3 Mais celui qui transmet des messages divins parle aux autres pour les faire progresser dans la foi, pour les encourager et pour les consoler.

4 Celui qui parle en des langues inconnues est seul à en tirer profit, tandis que celui qui transmet des messages divins en fait profiter l’Église entière.

5 Je veux bien que vous parliez tous en des langues inconnues, mais je désire encore plus que vous puissiez transmettre des messages divins. En effet, celui qui donne de tels messages est plus utile que celui qui parle en des langues inconnues, à moins que quelqu’un ne soit capable d’expliquer ce qu’il dit afin que l’Église entière en profite.

6 Ainsi, frères, je vous le demande : quand je viendrai chez vous, si je vous parle en des langues inconnues, en quoi vous serai-je utile ? A rien, à moins que je ne vous communique une révélation, une connaissance, un message divin, ou encore un enseignement.

7 Prenons l’exemple d’instruments de musique comme la flûte ou la harpe : si les notes ne sont pas données distinctement, comment reconnaîtra-t-on la mélodie jouée sur l’un ou l’autre de ces instruments?

8 Et si le joueur de trompette ne fait pas retentir un appel clair, qui se préparera au combat ?

9 De même, comment pourra-t-on comprendre de quoi vous parlez si le message que vous exprimez au moyen de langues inconnues n’est pas clair ? Vous parlerez pour le vent !

10 Il y a bien des langues différentes dans le monde, mais aucune d’entre elles n’est dépourvue de sens.

11 Cependant, si je ne connais pas une langue, celui qui la parle sera un étranger pour moi et moi un étranger pour lui.

12 Ainsi, puisque vous désirez avec ardeur les dons de l’Esprit, cherchez à être riches surtout de ceux qui font progresser l’Église.

13 Par conséquent, celui qui parle en des langues inconnues doit demander à Dieu le don d’interpréter ces langues.

14 Car si je prie dans de telles langues, mon esprit est bien en prière, mais mon intelligence demeure inactive.

15 Que vais-je donc faire ? Je prierai avec mon esprit, mais je prierai aussi avec mon intelligence; je chanterai avec mon esprit, mais je chanterai aussi avec mon intelligence.

16 En effet, si tu remercies Dieu uniquement en esprit, comment celui qui est un simple auditeur dans l’assemblée pourra-t-il répondre Amen à ta prière de reconnaissance ? Il ne sait vraiment pas ce que tu dis.

17 Même si ta prière de reconnaissance est très belle, l’autre n’en tire aucun profit.

18 Je remercie Dieu de ce que je parle en des langues inconnues plus que vous tous.

19 Mais, devant l’Église assemblée, je préfère dire cinq mots compréhensibles, afin d’instruire les autres, plutôt que de prononcer des milliers de mots en langues inconnues.

20 Frères, ne raisonnez pas comme des enfants ; soyez des enfants par rapport au mal, mais soyez des adultes quant à la façon de raisonner.

21 Voici ce que déclare l’Écriture : C’est par des hommes de langue étrangère que je m’adresserai à ce peuple, dit le Seigneur, je leur parlerai par la bouche d’étrangers. Même alors ils ne voudront pas m’entendre.

22 Ainsi, le don de parler en langues inconnues est un signe pour les non-croyants, mais non pour les croyants ; inversement, le don de transmettre des messages divins est un signe pour les croyants, mais non pour les non-croyants.

23 Supposons donc que l’Église entière s’assemble et que tous se mettent à parler en des langues inconnues : si de simples auditeurs ou des non-croyants entrent là où vous vous trouvez, ne diront-ils pas que vous êtes fous ?

24 Mais si tous transmettent des messages divins et qu’il entre un non-croyant ou un simple auditeur, il sera convaincu de son péché à cause de ce qu’il entend. Il sera jugé par tout ce qu’il

entend

25 et ses pensées secrètes seront mises en pleine lumière. Alors, il se courbera le visage contre terre et adorera Dieu en déclarant : Dieu est vraiment parmi vous !

26 Que faut-il en conclure, frères ? Lorsque vous vous réunissez pour le culte, l’un de vous peut chanter un cantique, un autre apporter un enseignement, un autre une révélation, un autre un message en langues inconnues et un autre encore l’interprétation de ce message : tout cela doit aider l’Église à progresser.

27 Si l’on se met à parler en des langues inconnues, il faut que deux ou trois au plus le fassent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète ce qu’ils disent.

28 S’il ne se trouve personne pour les interpréter, que chacun d’eux renonce alors à s’exprimer à haute voix dans l’assemblée : qu’il parle seulement à lui-même et à Dieu.

29 Quant à ceux qui reçoivent des messages divins, que deux ou trois prennent la parole et que les autres jugent de ce qu’ils disent.

30 Mais si une autre personne présente reçoit une révélation de Dieu, il faut que celui qui parle s’interrompe.

31 Vous pouvez tous donner, l’un après l’autre, des messages divins, afin que tous soient instruits et encouragés.

32 Ceux qui transmettent de tels messages doivent rester maîtres du don qui leur est accordé,

33 car Dieu n’est pas un Dieu qui suscite le désordre, mais qui crée la paix.

 

Par rapport à la prophétie

v. 1a : A quoi se rattache ce verset ? (Lire en entier le chapitre 13 de l’épître aux Corinthiens)

v. 1b-12 : Quelle place est accordée à ceux qui parlent en langues ? Quelles en sont les limites ?

A quoi doit aboutir la prédication ? Dans quel but ? Du coup, s’il y a un parler en langues, de quoi doit-il être accompagné ?

v. 13-25 : Sur quoi Paul va-t-il insister ici ? Est-ce que seuls ceux qui parlent en langues sont visés ? Pour Paul, quel est le seul moyen pour toucher les cœurs ?

v. 26-33 : Quels conseils Paul donne-t-il à l’Eglise de Corinthe ?

 Dans tout ce passage, Paul encourage les Corinthiens à accueillir la prophétie apportant ainsi leur contribution à la liturgie. Quelle est d’après vous cette contribution ? (voir aussi verset 3 et versets 30 et 31)

v. 29-30 : Pourquoi Paul fait-il ici une différence entre prophétie et révélation ?

 Quel est le fruit principal de la prophétie ?

Par rapport au don des langues :

Paul s’adresse à des gens qui ont l’habitude de la glossolalie ou langage inintelligible.

 Pensez-vous que c’était une forme de prière ? (cf. les versets 2 et 14-17)

 Pourquoi Paul fait-il une distinction public/privé ? A qui le don des langues est-il surtout utile ?

 Pourquoi Paul insiste-t-il sur la nécessité d’interpréter ?

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LES CHARISMES DANS L’ASSEMBLEE DE PRIERE        Fiche n°2

Charismes, dons naturels, dons du Saint-Esprit

       Par le Père Ado Bedoin1

Les CHARISMES sont des dons gratuits venant de l’Esprit Saint en vue de l’édification de l’Eglise, Corps du Christ. Ils ont donc un caractère altruiste, à la différence des dons mystiques. Mais ce serait durcir la réalité que de les référer à la seule utilité de l’Eglise et d’oublier la dimension personnelle. Vie de la communauté et vie du sujet sont inséparables.

Un DON NATUREL est une disposition innée pour quelque chose. Par exemple : chanter. Ceci par opposition avec une disposition acquise à la suite d’un effort, d’une étude ou d’un exercice. Un journaliste sportif a fait récemment la différence entre la “pointe de vitesse” d’un coureur cycliste et la “vélocité”. La première est un don naturel. Quant à la seconde, elle est acquise. Ne consiste-t-elle pas à se placer adroitement au milieu des autres coureurs, à se faufiler, à se mettre dans le sillage d’un adversaire, puis, soudain, à accélérer, au moment précis où il le faut, afin de franchir le premier la ligne d’arrivée ? Par contre, le coureur qui a naturellement une “pointe de vitesse” peut fort bien terminer second ou troisième parce qu’il s’est laissé “enfermer” dans un virage.

Un DON DU SAINT ESPRIT est également une disposition. Reçue de Dieu, elle nous rend dociles aux motions divines de telle sorte que nous sommes soulevés dans l’exercice des vertus théologales de foi, d’espérance et de charité.

Une image remontant à Saint Jérôme (5e siècle) nous aide à comprendre la différence entre la foi, l’espérance, la charité sans le souffle d’un don de l’Esprit et la foi, l’espérance, la charité avec un tel souffle. Il en est comme d’une promenade sur un lac suivant que nous sommes dans une barque ou dans un voilier. Généralement, nous croyons, espérons et aimons à l’aide de rames, c’est-à-dire en faisant effort. Par contre, si nous tendons nos voiles à l’Esprit, s’installent en nous facilité, spontanéité, ingéniosité, et même ce que l’on pourrait appeler un “instinct” divin.

I – DONS DU SAINT-ESPRIT

Il y a, traditionnellement, sept dons du Saint Esprit : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu (cf. Isaïe 11, 1-2, du moins dans la version grecque de la Septante, ou latine de la Vulgate, qui, seules, ajoutent la piété aux six autres du texte hébreu).

A/ Les dons d’intelligence et de science viennent perfectionner et parfaire la vertu de Foi. Expliquons-nous. L’intelligence du Saint-Esprit nous fait déjà “voir” Dieu ou plutôt le deviner. Par exemple, cette Parole de Dieu que j’avais tant de peine à lire dans ma Bible se met, soudain, à pétiller. Les mots me sautent aux yeux. Ils ne me frappent plus au front mais au cœur. Ils prennent corps dans ma vie… Quant à la science du Saint-Esprit, elle me fait regarder la réalité à la lumière de Dieu : aussi bien la mienne que celle des hommes, de l’histoire de l’Eglise ou celle de la nature. Il en est comme de ce ver de terre que je découvre sur le sol. Il se confond presque avec le sable. Il est gris comme la cendre. Et voilà que, tout à coup, avec le lever de la nuit et de ses perles que sont lune et étoiles, il devient luisant. Une véritable braise. De même, ce proche sort de la grisaille quotidienne. Je remarque son sourire pour la première fois : c’est un arc-en-ciel, un peu comme celui que tendit le Seigneur en signe de son Alliance avec nous (Genèse 9, 13).

B/ Le don de crainte couronne l’espérance. En effet, je ne suis pas seulement persuadé que Dieu me promet la vie éternelle. Je sais que, dès aujourd’hui, je participe à la nature divine. Il suffit que je m’abandonne, comme le cerf-volant, au souffle du vent. Quand j’étais vieux, de la vieillesse du péché, je mettais moi-même ma ceinture, et j’allais où je voulais. Maintenant que je suis jeune, de la jeunesse de Dieu, “un Autre” noue ma ceinture et me mène là où je ne pensais pas. Cette paraphrase de Jean 21, 18 permet d’approcher de cette crainte venant de l’Esprit, Celui dont on ne sait ni d’où il vient, ni où il va. Je redoute tout ce qui peut le contrister, l’étouffer ou tout au moins tout ce qui pourrait me mettre à l’abri de sa brise et de sa bise.

C/ Le don de sagesse. Comme il est le plus grand des sept, arrêtons-nous longuement. Voyons quelle relation il a avec la charité.

Dieu est Charité parce qu’il s’efface continuellement, aussi bien à l’intérieur de Lui-Même (la Trinité que nos frères orthodoxes préfèrent appeler Uni-Trinité ou Tri-Unité) qu’à l’extérieur (la création, notre rédemption et notre divinisation).

A l’intérieur de Lui-Même, tout d’abord. Le Père s’efface, car Il n’est qu’en se communiquant dans le Fils. Le Fils s’efface, car Il n’est qu’en se restituant au Père. Quant au Saint-Esprit, il est effacement au superlatif : il n’est que Transparence au Père et au Fils. L’icône d’Andrei Roublev est une bonne illustration de tout cela. Portons notre attention sur l’ange de droite qui figure le Saint-Esprit : son “corps” est une courbe s’inclinant à la fois devant les deux autres et vers nous, les hommes.

A l’extérieur de Lui-Même. La création est comme un deuxième effacement : pour que l’homme soit, Dieu se met en retrait. La rédemption est un troisième effacement que décrit parfaitement l’hymne de la lettre de Paul aux Philippiens (2, 6-11), Jésus-Christ se vida Lui-même, est-il écrit au verset 7.

Ainsi n’aimons-nous que dans la mesure où, par un don de Dieu, nous nous effaçons, nous décentrons et nous centrons sur un autre : à la fois les autres et l’Autre.

Le cœur d’un tel amour est la prière. Prier, c’est se donner et s’abandonner à ce Dieu qui s’efface. Mais prier, c’est prier dans la nuit de la foi. “Je crois, Seigneur, que tu es là, à la fois devant et au-dedans de moi. Je ne te vois pas, je ne te sens pas, et ta parole est embuée de silence”. Pour peu que je sois attentif, je décèle en moi une faim et une soif qui me donnent de l’élan.

La sagesse nous met donc sur le chemin de la contemplation, aussi bien dans la prière elle-même que dans la vie. Si nous pouvons avoir cette audace, nous inventerons un mot décrivant cette contemplation dans l’action : celui de “contemplaction”.

D/Les autres dons

Si les dons d’intelligence, de science, de crainte et de sagesse parfont les vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité, les autres dons parfont les quatre vertus cardinales (ainsi appelées parce qu’elles sont les pivots de notre vie morale, le mot “pivot” se disant en latin “cardo”). Sont “en cheville” :

don de conseil et vertu de prudence (cette moralité en action),

don de piété et vertu de justice,

don de force et vertu portant le même nom,

don de crainte (à nouveau) et vertu de tempérance.

II – LES CHARISMES

Ce sont également des dons du Saint-Esprit, mais accordés au Corps tout entier de l’Eglise, en vue de sa croissance. Certes, ils sont conférés à des personnes, mais jamais pour elles-mêmes.

En un seul verset (1 Co. 12, 7), Saint Paul souligne bien cette relation entre le personnel et le communautaire : “à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit pour l’utilité commun ”.

Si les dons du Saint Esprit sont des dispositions permanentes nous permettant, dans la mesure de notre ouverture, d’être saisis personnellement par la brise légère et parfumée du Souffle de Dieu, les charismes sont des “compétences” passagères, toujours gratuites, toujours nouvelles, destinées à faire circuler ce même souffle dans le Corps ecclésial. Donnés en fonction d’une situation de besoin, ils disparaissent avec elle.

Cette circulation est bien figurée sur l’icône d’Andrei Roublev. Le sceptre de l’ange de gauche (le Père) est vertical, celui de l’Ange du milieu (le Fils) légèrement penché et celui de l’ange de droite (1’Esprit) nettement incliné. L’amplitude pacifique du Souffle de Dieu part du  Père, passe par le Fils, s’épanouit dans l’Esprit avant de refluer vers le Père et de nous envahir, nous les humains, vers qui toutes les lignes de l’icône convergent. Si nous nous souvenons que le sceptre est le prolongement du bras et de la main, ne peut-on pas dire que le bras du Père se déploie dans la main du Fils pour se donner dans le doigt de l’Esprit ?

L’Eglise, étant bâtie sur ce modèle, est habitée par le même mouvement : ce que le charismatique reçoit, il le donne. Il est comme le cœur qui n’accumule le sang que pour mieux le diffuser dans les membres du corps.

Il est nécessaire de préciser que les charismes ne sont pas des vertus auxquelles on peut s’entraîner et dans lesquelles on peut persister par ascèse, même si cette ascèse, tout à fait spéciale, qu’est l’oraison favorise éminemment la réception des charismes.

Il n’empêche qu’un charisme s’éduque en Eglise, mais comme une disponibilité se creuse. Le prophète Isaïe le dit : c’est “matin après matin” que le Seigneur veut nous ouvrir l’oreille afin que nous écoutions vraiment sa Parole et que nous parlions avec une “langue de disciple” (50, 4). Et nous savons que les charismes sont le Verbe de l’Esprit.

La vie charismatique ne se réduit pas à l’assemblée de prière, mais se déploie sous l’action de l’Esprit Saint et selon l’accueil que fait chacun des charismes dans la vie de l’Eglise.

En un seul dossier, il n’est pas possible de présenter, de manière approfondie, l’ensemble des charismes. En conséquence, nous avons fait le choix de limiter ce dossier aux charismes exercés dans l’assemblée de prière.

 

 

(Rédigé par Régine Maire). L’Église, tout au long de son histoire, est habitée par l’Esprit Saint qui la vivifie de sa puissante énergie et l’enrichit de ses dons. Les charismes ont toujours existé dans l’Église. Mais, selon les époques et les lieux, ils se sont manifestés avec plus ou moins d’ampleur. Notre temps redécouvre ces dons spirituels que l’on avait tendance à considérer comme des grâces exceptionnelles réservées à l’Église primitive puis à quelques grands saints, et non comme des dons destinés à tout le peuple chrétien et sans lesquels l’Église ne saurait vivre, croître et rendre témoignage à Jésus.

Le concile Vatican II, qui s’est achevé le 8 décembre 1965, a remis en valeur les charismes et les a resitués parmi les dons que l’Esprit Saint fait à l’Église (1). Le fait que le Concile ait puisé à nouveau dans ce trésor se comprend dans la grande perspective ecclésiologique qui l’anime en tous ses documents, à savoir l’Église comprise comme communion ; car les charismes sont au service de la communion et l’on ne pouvait approfondir la communion sans redécouvrir les charismes. La communion, qui est un don fondamental de l’Esprit Saint à l’Église, se déploie en des grâces multiples : c’est ainsi que les ministères, les charismes, les charges et les services dans l’Église existent pour et dans la communion. « Ce sont là des richesses complémentaires pour le bien de tous, sous la sage conduite des Pasteurs » (2).

Dans l’Église catholique depuis 1967 et antérieurement dans le protestantisme, un vaste courant de renouvellement dans l’Esprit Saint s’est fait jour où l’on réapprend l’exercice large et diversifié des charismes tels que le Nouveau Testament les décrit. A la lumière de cette expérience encore récente, mais déjà confirmée, nous voudrions étudier ici les charismes en un sens aussi spécifique que possible, à la fois selon une démarche inductive à partir de l’expérience vécue dans le Renouveau charismatique et selon une approche théologique fondée sur le donné révélé et la Tradition de l’Église.

Avant d’aborder cette étude, il convient toutefois de se rappeler que les charismes ne sont qu’un aspect de l’activité multiforme de l’Esprit Saint dans l’Église et dans les âmes, ensuite qu’ils ne sont pas le tout, tant s’en faut, de ce vaste courant qu’est le Renouveau charismatique.

« Extraordinaires ou simples et humbles, les charismes sont des grâces de l’Esprit Saint qui ont, directement ou indirectement, une utilité ecclésiale, ordonnés qu’ils sont à l’édification de l’Eglise, au bien des hommes et aux besoins du monde.” (CEC n°799)  Le Catéchisme de l’Église catholique décrit les charismes comme « une merveilleuse richesse de grâce pour la vitalité apostolique et pour la sainteté de tout le Corps du Christ ; pourvu cependant qu’il s’agisse de dons qui proviennent véritablement de l’Esprit saint et qu’ils soient exercés de façon pleinement conforme aux impulsions authentiques de ce même Esprit, c’est-à-dire selon la charité, vraie mesure des charismes ». (CEC n°800)

(…) Les charismes sont à accueillir avec reconnaissance par celui qui les reçoit, mais aussi par tous les membres de l’Eglise. Il sont, en effet, une merveilleuse richesse de grâce pour la vitalité apostolique et pour la sainteté de tout le Corps du Christ » (Exhortation apostolique Christifideles Laici (1988) n° 24)

 

(1) Les principaux textes sur les charismes du concile Vatican II sont : Lumen Gentium, n° 4, 12 ;  Ad Gentes, n° 4 ; Apostolicam Actuositatem, n° 3. (2) Exhortation apostolique Christifideles Laici (1988) n° 20. Cette exhortation apostolique post-synodale a une théologie extrêmement forte et précise des charismes que nous reprendrons à plusieurs reprises.

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LES CHARISMES DANS L’ASSEMBLEE DE PRIERE       Fiche n°3

Les charismes dans l’assemblée de prière

   Par Etienne Garin, Violaine Aufauvre et Geneviève Constant

Dans la vie de l’Eglise, les charismes sont nombreux et d’une grande diversité : ils sont donnés selon les besoins actuels de l’Eglise et de la mission. (cf. Les Fidèles Laïcs, N° 24 en fin de fiche).

Pour ne pas alourdir ce dossier, nous avons fait le choix de nous en tenir aux charismes habituellement exercés dans l’assemblée de prière. D’autres charismes sont exercés en d’autres lieux ou d’autres circonstances, comme le charisme de guérison, de compassion etc… Ils seront présentés dans d’autres dossiers.

Les textes du Nouveau Testament citent un certain nombre de charismes, en particulier dans le cadre des assemblées de prière des Corinthiens (1 Co 12, 4-10 ; 28-31 ; Rm 12, 6-8 ; 1 P. 4, 10-11). Ces listes ne sont pas exhaustives mais liées à ce qui se vivait dans les assemblées de prière de l’époque.

Dans le texte suivant, les auteurs présentent les charismes exercés le plus fréquemment dans les assemblées de prière du Renouveau.

 

Le charisme de foi : don de l’Esprit, c’est une force qui fait demander dans la certitude d’être exaucé. C’est la foi qui ose croire que Dieu est fidèle à sa Parole et qu’Il est le maître de l’impossible.

Le charisme d’accueil : ce charisme donne à l’accueilli l’évidence que c’est le Christ lui-même qui l’accueille. Celui qui a ce charisme fait ressortir par une parole, un geste ou un commentaire, l’accueil miséricordieux du Christ ou son admiration ou son attention bienveillante….

Le charisme de louange : ce charisme est un don étonnant : il rend facile la louange impossible. Elle devient une jubilation spontanée devant Dieu, un élan admiratif qui n’a rien d’artificiel ou de commandé : c’est l’Esprit lui-même qui fait exulter.

Le charisme de chant : celui ou celle qui exerce un charisme de chant permet à l’assemblée de se sentir en présence du Seigneur lui-même. L’assemblée est touchée au niveau du cœur et se découvre rassemblée autour du Christ grâce à ce chant. Ce n’est pas nécessairement la personne la plus formée musicalement mais celle qui propose le chant qui favorise la prière.

Le charisme de sagesse : cette parole tombe avec une force paisible comme une lumière libérante, indique une direction, résonne avec vérité, touche en profondeur. Une parole de sagesse est toujours brève, inattendue, reconnue et efficace. Elle est porteuse de la puissance de l’Esprit, apporte paix et unité.

Le charisme d’enseignement : celui qui a reçu ce charisme parle comme Jésus enseignant ses disciples et en constate les fruits avec étonnement : les cœurs sont touchés, ils se tournent vers le Seigneur, leurs yeux s’ouvrent…

Le charisme de compassion : il manifeste l’amour compatissant que Jésus a laissé paraître devant ses amis. Ce n’est pas une simple émotion mais c’est la tendresse miséricordieuse du Christ qui construit la communauté et imprègne les relations entre tous.

Le charisme de la prière en langues : il s’agit avant tout de prière, selon le cas de louange, d’action de grâce, d’intercession : l’Esprit nous aide et nous soutient dans notre faiblesse car nous ne savons pas toujours comment faire. Alors l’Esprit intercède pour nous avec des soupirs et des gémissements trop profonds pour pouvoir être enfermés dans des mots précis. Prier en langues c’est prier dans un langage d’enfant : dans une assemblée, le chant en langues survient généralement lorsque la prière devient plus intense et paraît hésiter entre la parole et le silence.

Prier en langues peut être aussi manifestation de l’Esprit pour annoncer l’Evangile comme le jour de Pentecôte. C’est aussi manifester le renouvellement de son être et exprimer l’inexprimable. C’est accueillir un signe qui accompagne la foi en la promesse de Jésus. C’est, pour certains, un lieu de combat spirituel. C’est aussi un lieu réel de risque et d’ambiguïté.

Le charisme d’interprétation : complémentaire de celui de la prière en langues, le charisme d’interprétation est une compréhension intuitive du sens de la parole donnée. C’est en fait une forme de prière qui répond à celle en langues. Rien n’empêche par exemple que plusieurs personnes reçoivent de l’Esprit une interprétation qui ne coïncide pas forcément mot pour mot.

Le charisme de science ou parole de connaissance : la parole de connaissance dit ce que le Seigneur désire faire ou est en train de faire en l’autre. C’est un don fait à l’Eglise pour l’Eglise. C’est une sorte de prophétie qui n’annonce pas le futur mais dévoile le présent ; elle est ordonnée à l’amour et nécessite une réponse immédiate. L’exercice de ce charisme exige une grande vigilance tant pour celui qui l’exerce que pour celui qui s’approprie la parole dite.

Le charisme de prophétie : « c’est Jésus qui parle aujourd’hui ». Tout chrétien est « porte-parole de Dieu » et se laisse animer par l’Esprit de prophétie. Le prophète parle aux hommes, il édifie l’assemblée, exhorte, appelle à la conversion, il encourage et console. La parole de prophétie respecte toujours la liberté et la responsabilité de l’homme. Notons que la « prophétie » peut s’exprimer parfois sous forme d’image ou par la lecture d’un texte d’Ecriture  (on peut parler en ce cas du charisme de donner un texte de l’Ecriture, ndlr).

« Les charismes peuvent prendre les formes les plus diverses, soit comme expression de la liberté absolue de l’Esprit qui les accorde, soit comme réponse aux multiples exigences de l’histoire de l’Eglise. La description et la classification que nous fournissent de ces dons les textes du Nouveau Testament, sont un signe de leur grande variété » (1 Co 12, 4-10 ; 28-31 ; Rm 12, 6-8 ; 1 P. 4, 10-11).  (Les fidèles laïcs du Christ, N° 24a)

 

 A partir de la liste non exhaustive donnée ci-dessus, quels sont les charismes réellement exercés dans votre assemblée de prière ?

 Quels sont ceux qui ne sont pas vécus dans votre assemblée ? Pour quelles raisons ? Quels sont les freins, les obstacles repérés ?

 Comment le noyau encourage-t-il ceux qui exercent les charismes ?

 Quels moyens le berger et le noyau mettent-ils en œuvre pour que les charismes se développent dans l’assemblée de prière ? Font-ils une relecture régulière de la prière pour aider à repérer les charismes exercés et ceux qui ne le sont pas 

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LES CHARISMES DANS L’ASSEMBLEE DE PRIERE      Fiche n°4

Charismes de la Parole, des langues et du discernement

Par le Père Emiliano Tardif

On entend parfois dire que l’important c’est la charité et qu’il ne faut pas trop donner d’importance aux charismes. C’est vrai ! (cf. 1 Cor 13)… Mais si nous acceptons les charismes et les mettons au service de la communauté, la charité naîtra et grandira car les charismes sont des dons de puissance pour édifier la communauté.

Je suis attristé parfois d’entendre dans le Renouveau des réflexions du genre « ce charisme n’est pas important, celui-là est plus important… ». Acceptez tous les charismes, acceptez tout ce qu’Il donne !

« A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit pour l’utilité commune » (cf.1 Co 12, 7) et les dons sont au service de l’édification de la communauté (cf. 1 Co 14), que ce soit la prophétie, la guérison, la parole de puissance, l’enseignement, l’hospitalité ou la consolation, faire l’aumône et demander l’aumône.

Tous les charismes sont importants et au lieu de discuter, accueillons-les car il n’y a pas de communauté possible sans charisme : plus ils se manifestent dans une communauté et plus celle-ci va se fortifier et grandir. Et comprenons que le renouvellement des charismes que nous vivons est bien un signe du besoin que nous en avons pour l’Eglise : il est évident que l’Esprit aujourd’hui veut reconstruire les communautés.

Le don des langues

J’ai été étonné d’entendre dire en Europe que le chant en langues n’était pas très important : si de telles personnes doutent de la puissance du chant en langues, je dois témoigner que dans mon ministère, c’est pendant le chant en langues que l’Esprit agit avec puissance pour guérir et délivrer. C’est pendant le chant en langues que je reçois les paroles de science. La prière en langues ne doit pas être cataloguée comme « petit don » destiné à ceux qui ne peuvent avoir les autres. Le don des langues est un don de PRIERE, une prière puissante de l’Esprit en nous.

Tous les membres des groupes de prière devraient accueillir ce don comme don de prière de l’Esprit (cf. l Co 14, 14) pour la prière commune comme pour la prière personnelle, prière du cœur, prière de louange, signe de la présence de Dieu en nous, en tout temps et en tout lieu. Il faut aider les membres des groupes de prière à accueillir ce don en priant avec eux, en les confirmant : il ne s’agit pas de faire du bruit avec sa bouche ! Mais de prier paisiblement, sans nervosité en s’unissant aux autres. Tous devraient parler en langues (cf. l Co 14, 5).

Je distinguerai ce chant en langues, cette prière en langues qui s’énonce tout bas dans un groupe car elle s’adresse à Dieu seul (cf. l Cor 14, 2) du message en langues qui est une prophétie à interpréter.

Si quelqu’un est poussé à donner un message en langues, le ton de la voix permettra de reconnaître s’il s’agit d’une prophétie : on ne donne pas un message d’exhortation ou de déclaration sur le même ton qu’une prière. Le message devra être suivi d’une interprétation sinon il est inutile (cf. 1 Cor 14, 5). Si quelqu’un reçoit l’interprétation et hésite à la donner par crainte… c’est là une façon d’éteindre l’Esprit, comme dit St Paul.

La parole de sagesse, de science

La parole de sagesse semble porter sur la connaissance de Jésus et de son mystère ou sur l’amour de Jésus et nous fait parler comme Jésus. Soyons attentifs aux paroles de sagesse, inspirées par le Seigneur, qui nous sont données en assemblée ou en entretien spirituel. C’est la parole que l’assemblée attendait, dont l’autre avait besoin : c’est une parole de vérité et qui est agissante.

La parole de science est comme un télégramme du Seigneur. Parole de connaissance de la gloire de Dieu, de manifestation de son amour. Mais ce don de science demande la confirmation par les témoignages : il est inutile de l’exercer s’il n’est pas confirmé par la communauté qui devient ainsi responsable de l’exercice des charismes.

 

La prophétie

La plupart des chrétiens sont appelés à exercer ce don (cf. 1 Cor 14, 1) et l’exercice de la prophétie est donné le plus souvent dans la prière, il est très lié à la prière (cf. 1 Cor 11, 4-5 et 1 Cor 14, 22-23). Le prophète parle au nom du Seigneur… inutile alors de commencer une prophétie par ce commentaire : « le Seigneur me dit que ».

Si le Seigneur est présent, il s’adressera directement à l’assemblée en interpellant, en exhortant, en consolant (cf. 1 Cor 14, 3). Toujours la prophétie parlera au cœur et touchera celui à qui elle est destinée. La prophétie est un charisme qui édifie la foi de l’assemblée et manifeste la présence de Dieu ; c’est le charisme que l’on doit désirer et être heureux de recevoir dans un groupe de prière.

La parole de Dieu est agissante et c’est en cela que la prophétie est importante pour l’assemblée. Je le répète, la prophétie exhorte, libère, manifeste la compassion mais très rarement annonce quelque chose qui va venir. Il y a encore dans nos groupes des gens qui croient que la prophétie annonce le futur… en tout cas si elle le fait, elle doit être vérifiée et confirmée par les évén