AG du Renouveau : les charismes, d’une méfiance à un vif intérêt !

Où l’Esprit Saint souffle-t-il ?

Intervention du Père Matthieu Thouvenot, vicaire général de Lyon,

lors de l’AG du Renouveau à Nouan-le-Fuzelier, 25 novembre 2023

(NDLR : style “notes” à partir de son témoignage par oral)

Dans le diocèse, ce que je vais vous partager, c’est le fruit de la prière de beaucoup. 

Si j’écrivais un livre – mais je ne le ferai pas – je choisirais pour titre :

“Mon histoire avec les charismes, d’une méfiance de méconnaissance à un vif intérêt en vue de l’évangélisation, chemin d’un prêtre diocésain normal.”

J’ai été louveteau avec des enfants de familles du Chemin Neuf. Un jour, une cheftaine a lancé une prière spontanée…

Au séminaire, aucun mot sur les charismes, mais la présence de séminaristes de l’Emmanuel. Je n’ai que très peu d’éléments, si ce n’est que je sais qu’il y a des prêtres charismatiques…

Ordonné en 2003. Curé en 2013 à Gerland, et je ne voyais pas comment faire bouger les choses : quand va-t-on pouvoir faire quelque chose ? Je fais une découverte importante, celle des cellules paroissiales d’évangélisation et du mandat missionnaire (beaucoup de prêtres ne connaissant même pas l’expression).

Je vais à Milan voir ce que sont ces cellules, je découvre la louange, 300 personnes du monde entier… En italien. Chant en langues, je ne participe pas. On fait chacun l’expérience d’une cellule, en ville, et on me propose la prière des frères. Je ne comprends pas de quoi ils parlent : « on sent qu’on doit prier pour vous »… Sans comprendre, je me laisse faire, c’est agréable, je suis très frappé, même si je ne reçois pas de paroles transcendantes.

Quelques paroissiens connaissent bien le Renouveau et me précisent ce qu’est la louange, la prière des frères. Point de départ dans les charismes. Dans la paroisse, on a de grandes salles. Je suis souvent sollicité pour accueillir des groupes de prière. Je participe, une fois avec le Père Paulin. Je ne vois pas de problème théologique. Je découvre le repos dans l’Esprit… J’expérimente une formation à la prophétie, avec Frat Pentecôte, je suis étonné mais ne vois pas de problème. J’accueille la prière avec Sylvère Gérry. Parfois il dit des choses qui tapent dans le mille. J’observe…

Je découvre en 2017 la prière de “Délié”. (NDLR : Guide pratique de la délivrance, par Neal Lozano, éditions des Béatitudes). Je m’y mets, je vois de grands fruits dans la prière de délivrance, mais je ne mets pas ça du côté des charismes. En 2019, je suis nommé recteur de Fourvière. Congrès Mission, école des charismes, ceux qui y ont participé reviennent emballés, et je ne peux mettre ça en doute. Je pense qu’on peut faire un groupe de prière à Fourvière. Frat’ Pentecôte reçoit à Lyon un pasteur évangélique, McKenzie, il vient pour un moment de prière à Fourvière, pour ceux qui sont intéressés par un temps de louange. Il prophétise et annonce deux écoles de vie dans l’Esprit, dont une dans le diocèse. J’annonce le soir même la création du Groupe de prière de Fourvière, stimulé par ce temps de bénédiction. On ne communique pas sur le groupe de prière, je constitue un petit noyau. Je ne connais que très peu les charismes. Entre autres, dans le noyau : une théologienne, une psy, une médecin, un louangeur. Réunion une fois par mois, intercession prophétique pour la basilique, le diocèse. On sait que Lyon a un passé assez lourd, soit pour la basilique, soit dans les souterrains : spiritisme, franc-maçonnerie, martyrs sur la colline. Il nous faut reprendre possession des lieux, qui appartiennent à Jésus.

Mars 2020 à Ars, je vais à un week-end sur la prière de délivrance. Les Lyonnais présents montrent un courrier de Mgr Dubost – administrateur apostolique du diocèse – demandant qu’il n’y ait plus de prière de guérison, de délivrance… Décision : on va prier pour le prochain évêque, qu’il soit ouvert à ces questions, c’est important. Les évangéliques font la même prière que nous ! L’archevêque est nommé. Notre groupe de prière devient un groupe de prière pour la guérison.

Rencontre avec Mgr Olivier de Germay, primat des Gaules, mon archevêque. Je pense devoir lui dire que je pratique la prière délivrance, comme recteur de Fourvière. Je lui précise que j’ai demandé que le Congrès Mission ait lieu en 2021 à Lyon. Il me demande qu’il y ait une école de prière de délivrance ! Peu de temps après, il me demande de devenir son vicaire général. Pourquoi ? Il me répond que c’est parce qu’il me pense charismatique… Je ne m’estimais pas tel à ce moment-là ! Signe assez fort. Aux Rameaux de cette année-là, journée CHARIS avec Jean-Luc Moens (NDLR : alors modérateur général de CHARIS-International). Sylvère demande pour créer CHARIS-Lyon. A Fourvière, mise en place de préparation au Séminaire de Vie dans l’Esprit, sur les 7 semaines, avec des délégués de la Communauté de l’Emmanuel, du Chemin Neuf, de Fraternité Pentecôte, le Père Nicolas Charrier, et moi. Nous sommes donc 10 pour CHARIS-Lyon. Fourvière n’est pas une paroisse, ni une communauté. C’est une basilique, lieu où souvent des non chrétiens viennent.

J’ai dû quitter Fourvière pour être vicaire général, mais CHARIS-Lyon demeure.

La date de la béatification de Pauline Jaricot est fixée, on refait parcours de préparation à l’effusion, orienté avec Pauline. Une heure avant la messe de béatification, on fait une prière pour l’effusion de l’Esprit. Une heure avec le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, Mgr Olivier de Germay. Le témoignage du miracle ayant permis la béatification, et il y avait quelques milliers de personnes.

Ensuite je vais, avec quatre prêtres de Lyon, suivre l’école des charismes avec Damian Stayne à Liège. On a compris qu’il fallait se lancer. Evangélisation dans la rue à Lyon, à qui je vais parler en premier ? Envoie-moi, Esprit Saint ! On demande au Seigneur de nous guider, je n’ai pas beaucoup de paroles ou visions, mais on est ensemble.

Trois formations prévues en 2023, à la louange avec Samuel Olivier et “Loire en Gloire”, à la prière de guérison avec Frère Daniel-Marie, et à la vie dans l’Esprit avec le Père Etienne Grenet. En juin dernier, j’ai suivi la semaine intensive de Encounter”, ensuite, école des charismes à Lyon avec le Chemin Neuf. Mary Healy viendra en mars, journée avec tous les prêtres du diocèse pour aborder les questions théologiques sur la prière de guérison, etc… On aura aussi Frère Baudouin Ardillier. On prépare un kit de préparation à l’effusion, des sessions de 30mn pas plus. On se met au service des paroisses qui veulent grandir. On veut aider le plus possible.

En résumé : je sens que depuis des années le Seigneur me prépare, entre charismes et institution. Je n’avais pas du tout l’intention de devenir vicaire général. Je me sens coincé entre les deux, le Seigneur a dû prévoir les choses. Depuis que je rencontre des gens charismatiques, je me sens poussé pour cela, j’accueille en connaissance de cause. J’accepte, sans rien décider. J’ai I’idée que Lyon a encore quelque chose à jouer. Dans le passé, Lyon a eu beaucoup de poids. Et au niveau du Renouveau Charismatique Catholique, ça a aussi été un lieu marquant. Difficultés et obstacles : je suis du genre un peu pressé, Olivier de Germay prend plutôt le temps. Je vois tous les groupes qui m’ont touché.

Unité des chrétiens : nous avons une grande part à recevoir, du côté évangélique, et du côté des charismes. En fait, c’est ce que nous demande l’Eglise ; et pas seulement de tolérer. C’est vraiment l’œcuménisme de partage : évangélisation et charismes. On a besoin des charismes pour l’évangélisation. On a besoin les uns des autres. Les charismes ont été beaucoup vécus « intra-muros » en France, pas pour aller évangéliser, et donc certains groupes sont appelés à disparaître. Cf. la Mer Morte qui reçoit et ne donne rien, et donc elle meurt.

Des jeunes aujourd’hui découvrent ensemble évangélisation et charismes, voir Anuncio et aussi le père Etienne Grenet. Mary Healy qui, bien qu’Américaine, touche.

On a des moyens de former, avec Encounter, l’école française de vie dans l’Esprit. Combien passent à l’acte ? Encore beaucoup de réticences dans le clergé, auprès des évêques. La question qui souvent se pose est pour ceux qui se forment en ligne, quel est le lien avec leur paroisse ensuite ?

A Lyon, beaucoup de gens de l’Emmanuel sont formés à la pratique des charismes, et ils ne les pratiquent jamais. Tel un pompier qui conduirait lentement pour aller éteindre un feu. Imprudence en France à ne pas proposer la prière de guérison et délivrance. Bien conduire le camion. Sinon, pendant ce temps, les gens vont voir les magnétiseurs, pratiquent le Reiki !

Alliance entre autorité et charismatique, avec Mgr de Germay qui est prudent, mais, ensemble, ouverts, avec des approches différentes. Le Père Nicolas Charrier avance beaucoup, ça bouge dans les paroisses, il y a convergence entre plusieurs communautés, la paroisse Sainte-Blandine, c’est prophétique pour moi, proximité avec autres églises chrétiennes.

Question : qu’est-ce qui fait que dans l’Eglise on n’a pas vécu les charismes alors que c’est dans les Evangiles ? Ça ne s’est jamais perdu dans l’histoire de l’Eglise, donc pourquoi est-ce que ça crée une réticence ?

Le démon ne veut pas, mais aussi ce n’était peut-être pas le meilleur moment, mais ça l’est maintenant. Avant, tous étaient apparemment chrétiens, plus aujourd’hui, il faut donc des grands signes. On a confondu aussi sainteté et miracles. C’est le bon moment !

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