EDITO : Prier en langues, par Catherine Fricoteaux

 

 Nous voici dans la plénitude de l’été !

La nature exulte !

Et la session de ND du Laus approche !

Préparons-nous donc à vivre ce temps de grâce et de joie, en ravivant chacun les grâces reçues lors du  baptême dans le Saint-Esprit, en exerçant les charismes reçus !

 

 

 

 

Pratiquer la prière en langues

Je voudrais que vous parliez tous en langues ! (1Co, 14, 5), déclare St Paul. Et il ajoute : Je rends grâce à Dieu de ce que je parle en langues plus que vous tous (1 Co, 14, 18) 

Le père Cantalamessa  nous exhorte lui aussi : Beaucoup de personnes, un jour, ont chanté ou parlé en langues et ont perdu ce charisme, tout simplement parce qu’ils ont oublié de l’exercer. En effet, aucun charisme ne demeure, s’il n’est pas exercé, rappelle-il (1).

Rappelons-nous donc d’exercer le don précieux de la prière en langues  dans notre prière personnelle, elle renouvellera notre manière de prier.

La prière en langues peut irriguer toute la vie quotidienne : elle se fait alors  simple murmure, comme une sorte  d’attention intérieure à l’Esprit Saint, même, peut-être surtout,  quand je parle avec quelqu’un. Et n’est-ce pas une  manière de vivre le mot d’ordre : Soyons toujours joyeux et prions sans cesse !

Et quand je dors ? Si je me souviens de Toi, sur mon lit, pendant les veilles de la nuit, je murmure en Toi (Ps 63, 7). On pourrait pratiquement traduire le mot hébreu par : mon souffle est en Toi. La nuit,  ma respiration même peut devenir une sorte de prière en langues !

Prier en langues en assemblée : la porte étroite.

Au regard de la grandeur de Dieu, le plus mystique des écrits, le plus profond des discours théologiques, la plus belle de nos prières,  ne sont pas plus que des balbutiements de nouveau-né, nous le savons bien. Parler et chanter en langues est donc une manière de se reconnaître comme un enfant devant son Dieu (2), un acte de remise de soi, seul ou en groupe, dans l’humilité et l’abandon,  un temps qui purifie, qui prépare à l’écoute de Dieu.

C’est pourquoi il est bon dans le déroulement de l’assemblée de prière de ne pas trop tarder à pratiquer ce charisme et d’y revenir à des moments clés, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables (Rm 8, 26).

C’est comme une porte étroite à passer et qui ouvre sur les autres charismes. Notamment sur le charisme de prophétie,  si important aux yeux de Paul : Je voudrais, certes, que vous parliez tous en langues, mais plus encore que vous prophétisiez (1Co, 14, 5 ).

Car Paul insiste beaucoup sur la nécessité de prier aussi de manière intelligible, c’est-à-dire avec son intelligence : laisser évangéliser son intelligence afin de pouvoir instruire ses frères.

Je rends grâce à Dieu de ce que je parle en langues plus que vous tous ; mais dans l’assemblée, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, pour instruire aussi les autres, que dix mille en langues (1 Co, 14, 18) .

Le chant des moissonneurs.

Il est cependant des temps de grâce, où le chant en langues est donné comme un sommet de la prière, une immense bénédiction qui tombe sur l’assemblée et surpasse toute intelligence.

St Augustin en parle si magnifiquement dans son commentaire du psaume 32 : Bien chanter devant Dieu, c’est jubiler. Mais qu’est-ce à dire ? C’est renoncer à comprendre, c’est renoncer à dire avec des mots ce qui se chante dans le cœur. Voyez ceux qui chantent, moissonneurs, vendangeurs ou autres, leur joie s’allume d’abord aux paroles des chansons, mais bientôt elle les envahit, et des paroles seraient impuissantes à la déployer encore, alors ils laissent mots et syllabes et l’on n’entend plus que leur jubilation.

Comment ne pas faire mémoire ici en particulier de deux temps prophétiques vécus à Rome :  en 1975 à la Basilique St-Pierre, en présence du pape Paul VI, quelques milliers de pèlerins ont fait monter le premier chant en langues qui ait retenti sous ces voûtes. Et à la Pentecôte 2017, avec le pape François, au Circo Massimo,  50 000 personnes – dont des frères protestants – se sont laissé saisir par le Saint Esprit dans la louange.

Sans oublier le chant en langues par zoom : grâce émouvante vécue en ces temps de pandémie : alors qu’il est nécessaire, en conférence zoom, que les participants ferment leurs micros pour les chants avec paroles afin d’éviter une horrible cacophonie, le chant en langues, lui, étonnamment, permet l’harmonie et répand une onction d’unité sur l’assemblée dispersée géographiquement.

 

Levez les yeux, et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson. (Jn 4, 35)

Le chant en langues annonce la moisson en espérance et  se fait donc intercession prophétique :

Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant (psaume 126,5) .

Alors préparons-nous à faire monter une louange puissante, à moissonner en chantant en langues durant toute la session de ND du Laus.

  1. Cantalamessa : http://www.commeunecolombe.com/chantlangues.htm
  2. in-fans signifie étymologiquement : qui ne sait pas parler

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