DIS A MON ÂME : «  C’EST MOI TON SALUT  » (PSAUME 35, 3). Par Bernard Mathiot

(La traduction utilisée est celle de la Bible de Jérusalem)

1 – LE PERE ATTEND NOTRE PRIERE

A – C’EST MOI TON SALUT

L’essence même, la vocation de tout groupe de prière est bien de dire au Seigneur : « c’est Toi mon salut. » Si notre groupe de prière est bien un groupe pentecostal, d’une façon ou d’une autre, nous évangélisons et nous proclamons que Dieu est notre salut, que Jésus a donné sa vie pour nous. Mais en reprenant la parole du psaume 35, il ne s’agit pas que nous proclamions nous même le salut mais que nous laissions le Père proclamer le salut en nous.

Dans la Bible de Jérusalem il est traduit : « Seigneur dit à mon âme : « c’est moi ton salut » . Et Chouraqui traduit : « dis à mon être ». Je me suis posé une question : Que répondrions-nous à un frère ou une sœur qui nous dirait, « j’attends que le Seigneur me dise qu’il est mon salut ». Je peux vous avouer que depuis 1974, j’ai fréquenté plusieurs groupes de prière, que j’en ai même fondé  mais que jamais je n’ai entendu une telle prière. J’aurais certainement répondu : « Attends moins et reçois maintenant le salut que le Seigneur t’offre ».  Mais voilà aujourd’hui le Seigneur nous propose de lui demander qu’il nous dise lui-même que c’est lui notre salut. Pourquoi lui demander alors que je le sais? alors que je le proclame de réunion en réunion  semaine après semaine. Mais pourtant,  Quelle justesse ! Oui Seigneur vient dire à mon âme : « c’est moi ton salut » Nous sommes souvent dans la « non-écoute » de la parole de Dieu, encombrés par de multiples choses même les plus spirituelles qui nous empêchent d’entendre la voix du Père et sûr de nous, nous n’attendons pas que le Seigneur nous parle. Nous prions, nous rabâchons avec beaucoup de foi des choses justes mais nous ne laissons pas le Seigneur venir nous rejoindre là où il veut. Plein de foi, nous lui présentons nos faiblesses, nos maladies mais nous ne l’entendons pas nous dire : « aujourd’hui, c’est telle ou telle faiblesse que je veux rejoindre ». Ou encore : « Tu as encore besoin de guérir »

J’ai même entendu un jour un frère me dire : « Tu sais, moi j’ai reçu le baptême de feu » comme si ce baptême était une preuve de notre complète guérison. Je pense au contraire qu’il nous faut l’humilité du publicain qui monte au temple mais qui n’ose même pas levé les yeux. Rejetons tout esprit d’orgueil  qui nous dirait que nous n’avons plus besoin d’être guéri ou qui voudrai dicter à Dieu de quelle guérison nous avons besoin et comment nous guérir. Si je parle aussi de guérison c’est tout simplement que dans la Bible, le salut et la guérison sont le même mot et se confonde.

B – RAPHA

Et pour cela, nous allons faire un peu d’Hébreu:

RAPHA : généralement traduit par : guérir, être guéri, rétablir, assainir, devenir sain, pardonner, réparer, panser, médecin.

Genèse 20, 17 : Abraham intercéda auprès de Dieu et Dieu guérit ( Rapha) Abimélek, sa femme et ses servantes, pour qu’ils puissent avoir des enfants

Genèse 50, 2 : Puis Joseph donna aux médecins (Rapha)qui étaient à son service l’ordre d’embaumer son père, et les médecins (Rapha)embaumèrent Israël.

 1 Roi 18, 30: Alors Elie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi » ; et tout le peuple s’approcha de lui. Il répara (Rapha) l’autel du Seigneur qui avait été démoli »

2 Roi 2,21: Il alla où jaillissaient les eaux, il y jeta du sel et dit : « Ainsi parle le Seigneur : j’assainis (Rapha) ces eaux, il ne viendra plus de là ni mort ni avortement ».

Il y a encore d’autres passages comme celui de la source du temple en Ezéchiel qui assaini (Rapha) la mer salée

 

C – L’HOMME EST TRINE

 

IL y a trop souvent une confusion croyant que nous sommes « corps et âmes », et une confusion entre « âme » et « esprit ». Pourtant la Bible est claire, nous sommes corps (soma), âme (psyché) et cœur-esprit (pneuma) et le Seigneur veut être notre salut dans ces trois dimensions de notre être. Trop souvent nous pensons que l’homme et « corps et âme » ou « corps et esprit » mais l’homme  créé à l’image de Dieu est « trine »

Il y a souvent aussi confusion entre âme et esprit,

Genèse 2,7 : Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du sol (Soma), il insuffla dans ses narines une haleine de vie (Pneuma) et l’homme devint un être vivant (Psyché).

Corps (soma) : Nos besoins vitaux pour vivre : j’ai faim, je mange

Ame (psyché): fais le lien entre notre esprit et notre corps ce qui a donné le mot  psychique

Esprit (Pneuma): Lieu de rencontre entre l’Esprit-Saint et nous.

La vie chrétienne normale est donc : l’esprit gouverne l’âme qui gouverne le corps, mais souvent notre esprit est entravé par notre âme ou notre corps.

Luc 12,15-21 : «  Puis il leur dit: Gardez-vous avec soin de toute avarice; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance. Et il leur dit cette parabole: Les terres d’un homme riche avaient beaucoup rapporté. Et il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je? Car je n’ai pas de place pour ranger ma récolte. Voici, dit-il, ce que je ferai: j’abattrai mes greniers, j’en bâtirai de plus grands, j’y amasserai toute ma récolte et tous mes biens; et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve  pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. Mais Dieu lui dit: Insensé! Cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé,  pour qui cela sera-t-il? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. »

Insensé : Je ne pense pas que le Christ soit en train d’injurier ce riche mais tout simplement il veut lui faire prendre conscience que ce n’est pas son esprit qui le gouverne mais sa chair. Je dirai à mon âme. Mais non, tu te trompes, tu es insensé, c’est-à-dire à contre sens. Si j’ose m’exprimer ainsi, tu marches la tête en bas. Insensé, ce n’est pas à ton corps de dire à ton âme mais c’est à ton âme, soumise à ton esprit de dire à ton corps. C’est bien notre être entier qui a besoin de salut et non seulement notre âme.

D – POURQUOI ATTENDRE CETTE PAROLE DU PERE

Mais si nous avons besoin de salut, pourquoi attendre que le Seigneur nous dise c’est moi ton salut alors que nous le savons bien ? Il me semble qu’il faut rapprocher cette demande du Seigneur avec cette parole que nous adressons au Seigneur avant la communion : “ Mais dis seulement une parole et je serai guéri. ” “J’attends que tu me dises c’est moi ton salut” ; dis seulement une parole ; c’est nous faire entrer dans un acte de foi et reconnaître que la parole de Dieu est agissante. Déjà lors de la création, Dieu dit et cela est. De même nous attendons que le Seigneur nous dise : c’est moi ton salut afin que sa parole produise les fruits de la « recréation ». Notre Père attend que nous appuyions avec foi sur sa parole : « dis à mon être » ; par ta parole, viens nous recréer à ton image. Car la parole du Seigneur est efficace Esaïe 55, 10-11 : « Comme la pluie et la neige descendent des cieux, Et n’y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange, Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins »

 

E – PRIER AVEC FOI : 

Avec foi : en hébreux, le mot foi, « emûnah », dérive du radical « emeth », fidèle, qui compte parmi un des plus grands attributs de Dieu. Dieu est miséricordieux et fidèle (Gn 24, 27). Nous pourrions dire : « tendresse et robustesse » car « emeth » suggère l’image du rocher contre lequel nous pouvons nous appuyer et sur lequel nous pouvons bâtir. Croire, c’est s’appuyer sur cette solidité de Dieu. Amen, vient de la même racine.

 

F – DIFFÉRENTES GUÉRISONS

Il y a donc aussi trois guérisons qui peuvent être interactives

Atelier Notre Dame
Françoise Coustaury

– La guérison de l’Esprit-pneuma :

– La guérison de l’âme-psyché

– La guérison du corps-soma

A la différence des Hébreux pour qui la guérison du corps et de l’âme ne posait pas de problème mais qui avait du mal avec la guérison de l’Esprit (qui est celui-là qui remet les péchés, il blasphème) aujourd’hui l’Eglise n’a pas de mal avec la guérison de l’Esprit par le sacrement de réconciliation mais a plus de mal avec la guérison du corps et renvoie chez le psy pour la guérison de l’âme.

Pour nous, chrétiens charismatiques, la guérison pose moins de problèmes, nous y croyons ou plutôt pensons y croire. J’en ai fait encore l’amère expérience il n’y a pas longtemps lorsque j’ai prié pour une sœur du groupe aveugle. Il y avait un sacré combat en moi et pourtant, il ne nous faut guère de foi pour y croire. Si la foi gros comme un grain de sénevé peut déplacer les montagnes et comme il est plus facile de dire : « retrouve la vue » que de dire à la montagne de se jeter dans la mer, vous vous rendez compte du peu de foi, même pas un grain de sénevé, qu’il nous faut pour prier pour la guérison.

Revenons-en au Seigneur qui nous guérit, et attardons-un peu sur la guérison de l’âme -psyché

Par le baptême, nous avons reçu la rémission des péchés. Notre salut est accompli à la croix et cela est une chose certaine et qui ne peux être remise en question. Par le sacrifice du Christ sur la croix, je suis sauvé. Par sa passion et sa sainte résurrection, je suis passé de la mort à la vie.

Mais si notre iniquité a été anéantie, notre infirmité n’est pas entièrement guérie. Celle-ci ne sera pleinement éradiquée que lorsque la véritable santé nous ayant été rendue, nous arriverons au royaume.

Se reconnaître comme des êtres ayant encore besoin de guérisons est la seule condition pour crier vers le Seigneur : « Seigneur dit à mon être : c’est moi ton salut ».

St Augustin nous dit dans un de ses commentaires que si « le Seigneur nous a créé sans notre coopération, il ne nous sauvera pas sans notre coopération. »

Oui, Seigneur viens dire à mon être c’est moi ton salut, viens me montrer mes blessures et les remèdes que je prends en dehors de Toi. Oui, pour notre guérison, nous nous tournons vers des recettes qui ne sont pas toujours spirituelles;

Le yoga, issu de la mystique hindoue a nombreuses ramifications. C’est une discipline d’exercices corporels et psychiques pour parvenir à l’autarcie, c’est-à-dire  à se suffire à soi-même : n’avoir besoin ni de Dieu ni des autres. C’est une forme envahissante d’occultisme qui affecte le fonctionnement normal des activités mentales.

La Méditation transcendantale est une technique de méditation inspirée de la technique hindoue à prétention scientifique. Avant de pouvoir pratiquer la méditation transcendantale, l’étudiant doit vivre une initiation au cour de laquelle est prononcée une prière à des dieux hindous et au fondateur de la technique.

Le reiki est une technique pour acquérir un pouvoir de guérisseur par différentes initiations. Ce pouvoir transmet l’énergie vitale universelle en apposant les mains sur des parties bien précises du corps au moyen de symboles, de mantras et de moudras (position des mains).

L’hypnose  est une technique susceptible de provoquer une perturbation de la conscience avec modification de l’attention, des perceptions sensorielles et extra sensorielles ; elle crée un lien étroit de dépendance entre le sujet hypnotisé et l’hypnotiseur.

La table ouija :

Marabouts

Guérisseur et guérisseuse : souvent sous couvert de spiritualité catholique avec image de la petite Thérèse ou autre, ne pratique pas sous l’action de l’Esprit-saint. Donne des prières secrètes….

Ou tout simplement, nous allons voir le médecin, ce qui est une bonne chose, mais sans nous remettre dans la prière, déjà St Ambroise de Milan  rappelai dans son commentaire sur Isaïe que les soins des hommes sans l’aide de Dieu sont inefficaces. Je ne dis donc pas qu’il ne faut pas aller voir les médecins, bien au contraire car comme le dit l’ecclésiastique (38,1) « Rend au médecin les honneurs qui lui sont dus, en considération de ses services, car lui aussi le seigneur l’a créé. » St Augustin  nous rappelle lui aussi que les médecins ont aussi été créés par Dieu. Mais je te propose de prier pour ton médecin avant d’aller le voir.

Toi qui me lis, je te propose maintenant de prendre un temps de silence pour laisser le Seigneur te montrer ce de quoi tu as besoin pour être sauvé. A la suite du psalmiste crie vers Dieu notre Sauveur. Nous venons de fêter la passion, la mort et la résurrection de notre Seigneur. Isaïe 53 : c’est par tes blessures Seigneur que nous sommes sauvés. Et maintenant, Christ est ressuscité, la mort n’est plus : Oh mort, où est ta victoire… (1 Co 15,55-56). Et l’Eglise primitive l’avait si bien compris qu’au 1er concile œcuménique il a été demandé de ne pas plier le genou le dimanche et les jours de pâques à pentecôte. Car comme le dit St Irénée de Lyon, la gloire de l’homme c’est la vision de Dieu, la gloire de Dieu, c’est l’homme debout.

 

Le plus souvent, dans les évangiles, nous entendons Jésus dire : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? », Il veut venir nous rejoindre dans ce qu’il y a de blessé en nous, Par ces paroles, en quelque sorte, Il vient nous dire : « C’est moi ton salut ».

 

 

2 – LA REPONSE DU PERE

 

A – JE SUIS L’ETERNEL TON MEDECIN

Maintenant que nous avons laissé le Père dire : « c’est moi qui viens te sauver », et que nous avons vu que sa parole était agissante, le Père va pouvoir répondre plus en profondeur. Nous allons  l’entendre dire : « Je suis l’Eternel ton médecin » (Ex 15, 20-27)

Marie, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit à la main un tambourin, et toutes les femmes vinrent après elle, avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël: Chantez à l’Éternel, car il a fait éclater sa gloire; Il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier. Moïse fit partir Israël de la mer Rouge. Ils prirent la direction du désert de Schur; et, après trois journées de marche dans le désert, ils ne trouvèrent point d’eau.  Ils arrivèrent à Mara; mais ils ne purent pas boire l’eau de Mara parce qu’elle était amère. C’est pourquoi ce lieu fut appelé Mara. Le peuple murmura contre Moïse, en disant: Que boirons-nous?  Moïse cria à l’Éternel; et l’Éternel lui indiqua un bois, qu’il jeta dans l’eau. Et l’eau devint douce. Ce fut là que l’Éternel donna au peuple des lois et des ordonnances, et ce fut là qu’il le mit à l’épreuve. Il dit: Si tu écoutes attentivement la voix de l’Éternel, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l’oreille à ses commandements, et si tu observes toutes ses lois, je ne te frapperai d’aucune des maladies dont j’ai frappé les Égyptiens; car je suis l’Éternel, qui te guérit. Ils arrivèrent à Élim, où il y avait douze sources d’eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là, près de l’eau.

Cela ne vous rappelle rien ? Nous venons de fêter Pâques, durant la vigile, nous avons renouvelé notre baptême, c’est-à-dire en quelque sorte, nous avons de nouveau traversé la mer rouge, délivré de nos ennemis, pharaon, char et chevaux engloutis, nous avons chanté avec Myriam et pourtant comme les hébreux, la première eau rencontrée et une eau amère et c’est là que Dieu nous demande d’écouter attentivement les lois et ordonnances, c’est là que nous sommes mis à l’épreuve et que le Seigneur se révèle comme notre médecin. Durant toute notre vie spirituelle, le Seigneur viendra à nous comme notre médecin. Mais à chacun selon son rythme, selon sa personnalité. Le Seigneur ne nous fait pas prendre à tous le même chemin ni au même moment et ce n’est pas parce que pour moi, il a commencé par telle guérison, qu’il commencera pour mon frère par la même. J’en profite pour rappeler que lorsque nous prions pour la guérison, nous ne devons pas nous appuyer sur notre vécu mais sur ce que l’Esprit-Saint nous inspire. Voici ce que disait Isaac l’ancien, moine du XXe siècle au Mont Athos : « Chaque fidèle (ou moine) étant unique, il est impossible que tous suivent la même règle au même moment. Il faut voir le but et non s’arrêter au moyen. Sans liberté et ce respect de la personne, il n’y a pas d’amour ». La théologie orthodoxe s’exprime par cette liberté et ce respect de la personne.

B – L’ESPRIT ET L’EGLISE

Le passage de l’exode que nous venons d’entendre se termine par : Ils arrivèrent à Élim, où il y avait douze sources d’eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là, près de l’eau.  Comment ne pas y reconnaître les 12 puis les 70 disciples envoyés par Jésus proclamer la bonne nouvelle et guérir les malades. Comment ne pas y voir l’Eglise naissante. Nous pouvons aussi prendre la parabole du bon samaritain. La guérison se termine à l’auberge, c’est-à-dire dans l’Eglise, comme dans ce passage où l’Eglise est représentée par les douze sources d’eau et les soixante-dix palmiers.

Voilà que la mer rouge est traversée, voilà que le bon samaritain nous a conduit à l’auberge et notre véritable guérison peut commencer. L’Eglise orthodoxe emploie un terme très juste : elle parle de déification comme le disait déjà St Irénée de Lyon : Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne Dieu ! C’est tout le projet de l’adoption. En Jésus, nous sommes devenus Fils adoptifs, nous ne sommes plus des esclaves.

 

C – LES GROUPES LIEU DE GUERISON

La première guérison, le but premier de l’incarnation est de nous faire vivre en Eglise, c’est-à-dire en assemblée. C’est là que le Seigneur nous nourrit de sa parole, nous nourrit de son corps et nous abreuve de son sang. C’est là que se trouve l’eau de l’Esprit-Saint. Lorsque je parle de l’Eglise, je ne parle pas uniquement de l’Eglise de Rome mais bien de l’Eglise corps du Christ, de cette Maison où il y a plusieurs Demeures.

Nos groupes de prière sont aussi des Eglises, des assemblées et c’est là aussi que nous trouvons la guérison.

J’insiste quand même que nous ne pouvons pas enfermer Dieu et que c’est Lui qui décide où et comment guérir. Il me semble que la parole reçue s’adresse plus à notre vie après notre conversion.  Comme nous l’avons vu, nous avons traversé la mer rouge et le processus de guérison spirituelle a commencé, et c’est en Eglise que nous marchons.  Beaucoup dans nos assemblées vont de conventions en sessions, courent après tel ou tel prédicateur pour être guéri. S’il est vrai que le Seigneur accompagne la prédication par des signes et des miracles, prions pour que cela soit toujours ainsi, la plupart des guérisons se font dans les groupes de prières. On peut dire que seulement 10 pour 100 des guérisons, souvent les plus spectaculaires, ont lieu lors de grands rassemblement, les 90 autres ont lieu dans nos groupes semaine après semaine.

C’est dans nos assemblée de prière que le Seigneur vient nous rejoindre et pour cela, il est une chose capitale : La Prière des frères.

            C’est là que j’entends l’objection : oui mais nous n’avons pas le charisme de guérison ; nous sommes un petit groupe de prière. Il y a une chose  sûre, si nous ne prions pas pour la guérison, le Seigneur ne nous donnera pas le charisme, comme pour tous les autres charismes. Par exemple, si je n’ouvre pas la bouche, je ne parlerai jamais en langue, ou ne prophétiserai jamais…

C’est au moment de la prière des frères que le Père répond à notre prière : « j’attends que tu me dises » et par la bouche des frères, sa parole est proclamée.

Pour cela, j’insiste toujours sur le fait que les priants, soient toujours à l’écoute de l’Esprit-Saint,  et qu’il est plus important de prier longuement en langue en imposant les mains que de rabâcher des paroles. C’est une prière efficace que l’on pourrait appeler le bain de prière. Nous devons souvent prier avec persévérance pour la guérison car celle-ci est loin d’être toujours immédiate.

            Marc 8, 23-25 « Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village, puis il mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda et dit : j’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mis de nouveau les mains sur les yeux ; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. »

 

J’insiste que si notre Seigneur répond à nos prières, que si le Seigneur est notre médecin, à lui le comment faire. J’ai trop entendu dans certains milieux charismatiques que si tu n’es pas guéri c’est que tu n’as pas la foi. Oui, le Seigneur est mon médecin et je lui fais confiance : la guérison n’est pas toujours là où nous l’attendons. Il y a quelques années, j’ai eu un problème cardiaque et après examen, le verdict est tombé : il fallait me faire un « triple pontage ». J’ai demandé la prière des frères et le sacrement des malades persuadé que le Seigneur allait me guérir sans être obligé de passer par l’opération. Mais, les chemins du Seigneur ne sont pas nos chemins et s’il m’a bien guéri, ce ne fut pas la cœur mais mon appréhension de l’anesthésie. L’opération du cœur s’est déroulée avec succès, et si aujourd’hui je dois me faire poser un stent, sur le cœur il n’y a plus aucune trace de l’infarctus.  En Jésus, le Père nous guérit de toutes maladies et angoisses et le Seigneur m’a mis au cœur de parler de nos angoisses et de nos peurs. Le plus souvent, ce sont elles qui pourrissent notre vie. Dans la bible, il y a 365 fois : « n’ayez pas peur » ou assimilé : « ne craint pas »… une fois par jour et dans notre croissance spirituelle, n’ayons donc pas peur de demander la prière pour nos peurs, nos angoisses.

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