Regards sur l’encyclique “Magnifica Humanitas”. Par le Père Denis Broussat.

Le Père Denis Broussat, accompagnateur spirituel de Fraternité Pentecôte Nationale, nous livre ici quelques pistes de réflexion sur l’encyclique “Magnifica Humanitas” que vient de publier le Pape Léon XIV. Qu’il en soit remercié ! 

Le pape Léon XIV vient de publier sa première encyclique sur l’intelligence artificielle : Magnifica Humanitas[1]. Et contrairement à ce que beaucoup imaginent, il ne parle presque pas d’outils mais d’un environnement mental, culturel et spirituel. Bref, il parle de nous.

L’IA imprègne notre vie quotidienne, influence notre pensée, façonne nos désirs et remet en question l’humain lui-même en modifiant notre façon de percevoir la réalité, de nous relier les uns aux autres, voire de croire.

Tout le monde craint les armes autonomes, la surveillance de masse, la prolifération des fake news, l’obsolescence du travail[2] mais curieusement, aucune mention n’est faite des risques de contrefaçon spirituelle.

L’encyclique réaffirme les grands piliers de la pensée sociale catholique : dignité humaine, bien commun, subsidiarité, solidarité, justice sociale et développement intégral face aux systèmes de pouvoir, de la technocratie, de la guerre, de l’industrie économique, de la manipulation, de la fragmentation sociale ou de la déshumanisation. Mais ce qui surprend c’est l’inclusion des algorithmes, des données, des plateformes numériques dans le principe de la destination universelle des biens.

Autrement dit : les données ne peuvent être considérées comme la propriété absolue de quelques entreprises technologiques. Aujourd’hui, parmi les biens destinés universellement à tous, nous devons également inclure de nouvelles formes de propriété telles que les brevets, les algorithmes, les plateformes numériques, les infrastructures technologiques et les données.

Le Pape avertit qu’une concentration excessive de ces ressources crée une nouvelle forme d’inégalité incompatible avec le bien commun.

Léon XIV affirme clairement que l’intelligence artificielle n’est pas une intelligence humaine. Elle traite des données, mais ne peut ni aimer, ni souffrir, ni porter une responsabilité morale.

Elle peut imiter l’empathie sans jamais la comprendre réellement. Et cela devient crucial lorsque des décisions importantes concernant des vies humaines sont confiées à des systèmes automatisés.

Transhumanisme[3] et posthumanisme dans Magnifica Humanitas

Le transhumanisme et le posthumanisme, qu’il traite au chapitre 3 comme des “récits de fond” qui diffusent dans l’imaginaire collectif en portant une vision cohérente de l’homme : un être défini par ses capacités, dont la vocation est de les augmenter indéfiniment, de réduire la fragilité, d’éliminer l’imprévu pour tout contrôler.

La limite y est un défaut à modifier. L’erreur, quelque chose à corriger. Les différences deviennent uniformité. Les langues deviennent un langage unique. Les victimes, un dommage collatéral. Les défunts deviennent des « deadbots » ou « avatars de défunts ».

Bref un projet cherchant ultimement à substituer l’homme à Dieu. L’encyclique y discerne un savoir réservé à quelques-uns[4].

Babel contre Jérusalem

Pour schématiser l’enjeu civilisationnel de l’IA, Léon XIV évoque deux images bibliques : la tour de Babel (Gn 11), projet accompli sans Dieu, menant à la division et à l’effondrement ; et la reconstruction des murs de Jérusalem (Néhémie 2-6), entreprise menée avec Dieu, dans la coopération, conduisant à une société unie.

L’encyclique nous invite ainsi à éviter le « syndrome de Babel » § 10 : « l’idolâtrie du profit qui sacrifie les plus faibles, l’uniformité qui gomme les différences, la prétention d’un langage unique — y compris numérique —  capable de tout traduire, même le mystère de la personne, en données et en performances » (§ 10).

Cette critique de la réduction de la personne à des données rejoint une réalité documentée : selon la dernière étude AI in the Wild (Harvard Business Review, juin 2026), l’usage en tête est désormais le recours à l’IA à des fins « thérapeutiques » ou « relationnelles ».

L’icône biblique : Babel.

Ce diagnostic s’inscrit dans la figure de Babel déployée dès l’introduction : l’humanité qui veut, sans Dieu et contre lui, « se faire un nom » et « toucher le ciel » (Gn 11, 4), se donner à elle-même son origine et sa fin.

Le transhumanisme en est la version contemporaine non plus une tour de pierre, mais un programme pour la vie humaine elle-même.

La différence est alors celle de Babel et de Jérusalem : entre ceux qui construisent une tour pour se faire un nom,  et ceux qui rebâtissent des murs pour que tous puissent y habiter.

Babel symbolise l’orgueil, la domination, l’uniformité et la puissance technicienne ; Jérusalem évoque une œuvre patiente, communautaire et enracinée en Dieu. Babel est efficace, puissante mais déshumanisante ; Jérusalem se construit pierre après pierre, dans la fidélité et la communion.

Babel met sa confiance en la technologie et la substitution de l’homme à Dieu. Jérusalem met sa foi en Dieu et la participation de tous les hommes.

 Le paragraphe 126 est probablement celui qui résume le mieux l’esprit de l’encyclique et le message que Léon XIV a souhaité adresser au monde : « L’humanité — magnifique et blessée — ne doit être ni remplacée ni dépassée : elle peut accueillir les progrès de la technique pour soulager les souffrances  et ouvrir de nouvelles possibilités,  à condition de ne pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est,  c’est-à-dire la capacité de relation et d’amourÀ ce stade, une question décisive s’impose :  s’il existe un authentique ‘‘plus qu’humain’’, où se trouve-t-il ?  La foi chrétienne y répond en indiquant un accomplissement  qui ne découle pas d’une divinisation technologique,  mais de l’opération de la grâce de Dieu reçue dans le Christ. »

Le vrai « plus qu’humain » n’est pas l’homme augmenté, c’est l’homme habité. Mais par qui ?

Babel : la confusion d’une humanité qui se prend elle-même pour fin 

L’unité de Babel était une unité sans altérité, une unanimité de clôture, sans transcendance, et donc sans vrai lien car le lien véritable suppose l’accueil de ce qui me dépasse. Fraternité implique filiation.

Dieu descend : ironie subtile face à la tour qui prétend monter non pour détruire, mais pour empêcher que la présence de Dieu à l’intérieur du monde[5] ne se referme sur elle-même définitivement. Babel n’est donc pas le début de la division. C’est le révélateur d’une blessure plus ancienne : la division intérieure de l’homme depuis la chute originelle, projetée à l’échelle des peuples.

Pentecôte (Ac 2) répond à Babel (Gn 11) :

L’Esprit ne restaure pas la langue unique de Babel. Il rend chaque langue capable de dire l’unique mystère. « Nous les entendons parler dans nos propres langues des merveilles de Dieu » (Ac 2,11). L’unité pentecostale n’est pas l’effacement des différences mais leur transfiguration en don.

Babel avait fait instrument de clôture — la langue, la culture, l’appartenance — devient, à la Pentecôte, vecteur de l’unique Parole. La diversité n’est plus obstacle à la communion : elle en est désormais le mode.

C’est ici que se révèle la structure trinitaire de l’événement : le Père envoie l’Esprit du Fils sur les disciples du Fils, et l’Esprit introduit dans la communion même qui est la vie intra-trinitaire, – unité des trois, distinction réelle, sans confusion ni séparation -.

 L’Église naissante est l’icône temporelle de la Trinité éternelle.

L’Incarnation est placée en contre-modèle structurel du transhumanisme : « Alors que les idéologies anciennes et nouvelles poussent l’homme au dépassement technique de la limite […], le mystère du Fils de Dieu qui entre dans notre condition décrit un mouvement opposé : le Dieu vivant descend dans notre histoire » (M H § 232). Dieu ne supprime pas la fragilité humaine, il la sanctifie de l’intérieur. D’où la formule centrale : « Ce qui sauve l’humain, ce n’est pas une autosuffisance renforcée, mais une relation qui libère, une communion qui transforme » (M H § 128). Par le Christ dans l’Esprit-Saint, avec tous les hommes.

A Pentecôte, l’Église est née dans le rassemblement des nationset elle est, dès son premier souffle, la figure d’une humanité réconciliée, non par l’effacement des peuples mais par leur convocation commune autour du Nom que Babel refusait de recevoir.

Ce que Babel cherchait à se fabriquer — « faisons-nous un nom »c’est ce que l’Esprit donne : le Nom de Jésus, invoqué par Pierre immédiatement après (Ac 2, 21.38). Le nom n’est plus une conquête identitaire ; il est une grâce reçue. Et c’est précisément parce qu’il est reçu qu’il peut être partagé.

L’Église comme anti-Babel signifie donc :

  • qu’elle ne peut pas être une institution de pouvoir unifiant (ce serait retomber dans Babel),
  • qu’elle ne peut pas non plus se fragmenter en communautés repliées sur elles-mêmes,
  • mais qu’elle est appelée à être le lieu où chaque langue, chaque culture, chaque blessure d’humanité est portée par l’Esprit jusqu’à la Parole commune : Jésus, Verbe fait chair.

La langue de l’Esprit : la glossolalie comme signe et limite

La glossolalie d’Ac 2 où chacun comprend dans sa propre langue n’est pas un retour à l’avant-Babel (une seule langue humaine retrouvée), c’est un miracle de réception : l’Esprit ne contourne pas les langues humaines, il les habite de l’intérieur. Théologiquement, cela dit quelque chose d’essentiel sur la révélation elle-même : Dieu ne parle pas par-dessus les cultures mais dans les cultures, les assumant et les dépassant. L’Incarnation est déjà ce mouvement : le Verbe prend une langue précise, un corps précis, une histoire précise et la Pentecôte en est l’extension ecclésiale.

Conclusion : l’Église, demeure des langues réconciliées

L’Esprit-Saint est anti-Babel non pas parce qu’il réunifie ce que Babel a dispersé, mais parce qu’il révèle que la véritable unité n’a jamais été l’uniformité.

Babel a péché non pas en se construisant par elle-même, mais en construisant sans Dieu et contre l’autre.

L’Église reçoit à la Pentecôte la grâce d’une architecture différente : non une tour qui monte vers le ciel par la volonté humaine, mais une demeure où le Verbe est descendu, et où chaque langue devient capable de dire : Viens, Seigneur Jésus.

 « Fondés sur le Christ, pierre vivante, nous faisons l’expérience de l’action puissante et mystérieuse de l’Esprit Saint, et nous croyons que tout effort humain authentique visant à coopérer avec Lui pour le bien sera béni par le Père céleste en qui nous plaçons notre espérance. » M H § 2

« Il faut désarmer l’IA »

C’est la phrase choc de l’encyclique, reprise par la majorité des médias. Elle cible à la fois l’utilisation croissante de l’IA dans les conflits mondiaux et la concurrence agressive au sein de l’industrie elle-même : « Désarmer l’IA, écrit le Saint-Père, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive » (M H § 110). Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain.

Loin de toute technophobie, Léon XIV affirme que « l’innovation technologique peut être, d’une certaine manière, une forme humaine de participation à l’acte divin de la création » (M H § 111). Mais il met en garde : le risque n’est pas seulement celui d’un mauvais usage, c’est que le paradigme technocratique[6] lui-même « fasse passer pour juste et normale une vision anti-humaine » (M H § 112).

Si l’IA doit être désarmée, c’est avant tout pour sortir d’une course aux armements qui nous fait perdre de vue ce qui est essentiel : la vie, les dons, les charismes, notre identité profonde, le service, la relation. « Le pouvoir technique, s’il n’est pas équilibré, ne nous rend pas plus capables :  il nous rend plus seuls » (M H § 113).

Un nouveau dieu : l’algorithme[7] !

Une civilisation qui se donne un dieu.

La scène d’Isaïe 44, 9-20 est d’une ironie cinglante : un homme coupe un arbre, se chauffe avec une moitié, fabrique une idole avec l’autre, et dit : « Sauve-moi, car tu es mon dieu. » L’algorithme est le nouveau bois.

Comme le diagnostique Magnifica Humanitas avec clarté prophétique : une civilisation de l’algorithme est en train de se constituer non pas seulement une technique nouvelle, mais un monde avec ses valeurs, sa vision de l’homme, et finalement ses dieux.

Les traits du nouveau dieu

Une idole, ce n’est pas nécessairement une statue de pierre : c’est ce à quoi je confie le soin de me dire qui je suis. L’algorithme a précisément cette prétention. Il sait ce que je vais regarder avant que je le choisisse, connaît mes peurs et mes désirs mieux que mes proches, décide sans que je le remarque de ce qui mérite mon attention. Invisible, omniprésent, il se présente comme neutre — « un dieu sans visage qui ne demande aucun culte,  et qui reçoit pourtant toute notre confiance. »

L’encyclique le dit autrement : lorsque la technique cesse d’être un outil pour devenir le cadre qui définit l’humain, l’homme n’est plus un sujet : il devient une donnée.

L’IA, même dotée d’un corps par la robotique, ne possède pas de chair, ne connaissant ni la joie ni la douleur, ne sera jamais habitée par le feu de comprendre pourquoi nous existons ou pourquoi nous souffrons. Elle peut générer un texte, mais elle ne voudra jamais rien « dire au monde ».

Ce que l’idole fait à l’homme

Isaïe ne dit pas que l’idolâtre est mauvais — il dit qu’il « a le cœur égaré » (Is 44, 20). L’idolâtrie n’anéantit pas brutalement : elle anesthésie.

La civilisation de l’algorithme formate l’attention pour la rendre courte et fragmentée, remplacer la rencontre par l’interaction. Elle glisse dans les âmes une question insidieuse : Est-ce que j’existe si je ne suis pas vu ? Suis-je quelqu’un si l’algorithme ne me recommande pas ? Ce sont les questions d’un cœur qui a oublié d’où il vient.

La civilisation de l’algorithme substitue à la question « est-ce vrai ? » la question « est-ce que ça se partage ? » La vérité devient secondaire ; ce qui compte, c’est la propagation. D’où les fakenews !

L’Évangile comme contre-mémoire

« C’est l’Esprit qui donne la vie ; la chair ne sert de rien » (Jn 6, 63).

Cette parole scandalise encore : ce qui est vivant en toi est donné par l’Esprit : non produit, non calculé, non viral. L’Évangile est une contre-mémoire radicale : chaque homme a une dignité qui précède toute donnée, la vérité ne se mesure pas au nombre de vues, l’amour ne se réduit pas à un like.

Magnifica Humanitas nous invite à ce que Léon XIV appelle une « écologie intérieure » : cultiver les espaces que l’algorithme ne peut pas atteindre : le silence, la contemplation, la gratuité, la mémoire de Dieu, la pensée et l’action à l’image du Fils et la vie dans l’Esprit.

Les exclus de la révolution numérique

L’encyclique énumère les catégories que la civilisation de l’algorithme rend invisibles : fracture numérique, manipulation de l’information, violation de la vie privée, fragilisation de la démocratie, désinformation, addictions au numérique, affaiblissement du politique, absence de la diplomatie… Quelle place pour les pauvres, les malades incurables, les handicapés profonds, les petits ???

La réponse finale : l’Incarnation, le Magnificat et le regard des victimes.

L’encyclique se termine sur un appel concret : rester fidèle à la vérité, investir dans l’éducation, cultiver de vraies relations humaines, aimer la justice et rechercher la paix. Gardons l’image de Néhémie, reconstruisons les murs de la nouvelle Jérusalem, pierre après pierre.

Pour Léon XIV, être chrétien à l’âge de l’intelligence artificielle signifie précisément cela : rebâtir patiemment un monde humain au cœur d’une révolution technologique sans précédent.

Dieu s’est fait homme et nous a enseigné la véritable humanité, ainsi qu’une attention préférentielle envers les plus démunis. Là réside la grandeur de l’être humain, non dans la puissance technique, mais dans la liberté, l’amour et la grâce. À une époque qui engendre l’exclusion, nous sommes appelés, en tant que frères et sœurs, réunis en « un seul corps en Christ », à préserver les liens, notamment par la communion et la prise en charge des plus fragiles.

Le Saint-Père évoque la nécessité « d’adapter les systèmes éducatifs aux mutations technologiques »

Le défi aujourd’hui n’est plus seulement de transmettre des connaissances puisque l’IA peut produire des réponses, maitriser des outils, rédiger des synthèses, organiser le travail et automatiser une partie croissante des tâches intellectuelles.

Mais de développer

  • la confiance en Dieu, en soi et dans les autres,
  • la compréhension du monde,
  • la recherche de la vérité sur Dieu, sur soi et sur les autres
  • la découverte progressive de ses capacités ET de ses charismes
  • le discernement, l’engagement,
  • la responsabilité, le courage,
  • la valeur du travail
  • la capacité de servir les autres.

C’est pourquoi, partant de ce constat, il faut passer dans l’éducation et la formation d’une pédagogie de la transmission  à une pédagogie du potentiel, du faire grandir ensemble afin de tenir debout dans un monde instable.

Dieu renverse les puissants de leurs trônes (= logiques de pouvoir) et élève les humbles, les sans-voix : Le Magnificat[8] est un programme politique et spirituel à l’ère de l’IA :

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance, à jamais. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

[1] En abrégé M H

[2] Dans la tradition catholique (Laborem Exercens, Jean-Paul II), le travail n’est pas d’abord une fonction économique mais une participation à la création, une expression de la dignité de la personne. L’obsolescence redoutée n’est pas seulement celle d’une compétence — c’est la crainte d’une inutilité existentielle.

[3] Inspiré de Dominique Auzenet, Le transhumanisme, sosdiscernement, 31 mai 2019

Et Joseph-Marie Verlinde, La fabrique du posthumain, Le livre Ouvert, 2015

[4] = gnose

[5] = immanence

[6] L’expression a été rendue célèbre par l’encyclique Laudato si’ de Pape François. Il y critique ce qu’il appelle le « paradigme technocratique dominant ». Selon lui, ce paradigme conduit à :

  • considérer la nature comme un simple objet à exploiter ;
  • croire que la technologie peut résoudre seule les crises écologiques et sociales ;
  • soumettre l’économie et la politique à une logique d’efficacité et de profit ;
  • accroître les inégalités si le progrès technique n’est pas orienté vers le bien commun.

Il ne rejette pas la technologie en elle-même, mais appelle à une « écologie intégrale », où les choix techniques sont guidés par des valeurs humaines, la justice sociale et le respect de l’environnement.

Des exemples concrets

Le paradigme technocratique peut se manifester lorsque :

  • On pense que le changement climatique sera résolu uniquement grâce à de nouvelles technologies, sans modifier les modes de consommation ;
  • Les algorithmes et l’intelligence artificielle prennent une place croissante dans les décisions publiques sans débat démocratique ;
  • La réussite d’une politique est évaluée presque exclusivement à partir d’indicateurs de performance ou de croissance économique.

[7] Un algorithme est écrit sous forme d’instructions qu’un ordinateur peut exécuter grâce à un programme.

Par exemple, les algorithmes permettent de :

  • trier une liste de noms par ordre alphabétique ;
  • calculer un itinéraire sur un GPS ;
  • recommander des vidéos sur YouTube ;
  • filtrer les courriels indésirables ;
  • reconnaître un visage sur une photo ;
  • faire fonctionner des systèmes d’intelligence artificielle.

[8] Dans sa nouvelle traduction qui entrera en vigueur à l’Avent 2026

Retrouvez le texte intégrale de l’encyclique “Magnifica Humanitas” ICI

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