Vivre en intimité avec l’Esprit-Saint (4/4) par François Lebon

Fraternité Pentecôte a proposé une formation en visioconférence, sur quatre lundis. Le thème abordé était celui de “Vivre en intimité avec l’Esprit-Saint.” Les trois premiers enseignements ont été donnés par Sœur Ruth, voir ICI, le dernier l’a été par François Lebon, ce lundi 20 avril. François Lebon est responsable du Pôle Communication au Conseil national de Fraternité Pentecôte et l’un des représentants de celle-ci à l’Instance de Communion de Charis-France. 

 

Après les brillants enseignements de Sœur Ruth, qui nous a invités à une plus grande intimité avec l’Esprit-Saint, je vous propose une activation, c’est-à-dire comment être actif pour développer cette plus grande intimité avec l’Esprit-Saint, dans notre vie quotidienne.

Dans un premier temps, nous verrons que Dieu est avec nous chaque jour.

Puis nous nous interrogerons sur la personne que nous sommes ou voulons-nous être : une personne sans Jésus-Christ ? Un chrétien charnel ? Ou un chrétien rempli de l’Esprit-Saint ?

Dans un troisième temps, nous rentrerons pleinement dans l’activation avec une évaluation de notre proximité avec l’Esprit-Saint, chacun des vingt items proposés étant une piste concrète pour vivre davantage cette intimité avec l’Esprit-Saint. Ce sera le point central de cet enseignement, illustré de quelques témoignages. 

Enfin, nous terminerons par une exhortation.

Frères et sœurs, lors de notre mariage, il y a 50 ans, Élisabeth avait choisi comme évangile Jean 3, tout le chapitre versets 1 à 21, la rencontre avec Nicodème, renaître de l’Esprit. Et le célébrant était dérouté par ce choix.: “Que voulez-vous que je dise dans mon homélie avec un texte pareil ?”. Ce n’est que 6 ans après, avec la découverte du Renouveau et donc, surtout, la révélation de qui est l’Esprit-Saint, que nous avons compris ce choix quelque peu prophétique de cet évangile, jamais ou rarement choisi lors de la célébration du sacrement de mariage.  

« Il vous faut renaître de nouveau. Le vent souffle où il veut et tu en entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. ».

Le vent souffle où il veut et il souffle tous les jours ! 

Mais qui suis-je pour vous parler de l’Esprit Saint ?  A travers mes différents appels, mes différentes missions, j’ai tant vécu le merveilleux de Dieu, et l’Esprit-Saint est Dieu qui agit, dans tous les aspects de ma vie ou de celle de frères et sœurs en Jésus-Christ, j’ai tellement vu la Providence à l’œuvre, j’ai été si souvent témoin de l’Amour du Père, de Jésus Sauveur, libérateur, guérisseur, consolateur, et je vois chaque jour comment l’Esprit-Saint guide.

C’était l’évangile de ce jour, dans Actes 6 : « Étienne, rempli de la grâce et de la puissance de Dieu, accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. Ils se mirent à discuter avec Étienne, mais sans pouvoir résister à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler ».

Dans 3 semaines et demi nous fêterons l’Ascension :  Tout le ciel a attendu ce moment. Jésus arrive et les anges lui demandent :

“Est-ce que tu as accompli ta mission ?” Jésus répond “Oui, c’est fini.”. “Nous avons une deuxième question” disent les anges : “Est-ce que le monde entier a entendu parler de toi ?” .”Non” réplique Jésus. “Quel est ton plan, alors ?” questionnent des anges un peu plus audacieux ou impertinents. “J’ai donné à douze hommes et à quelques femmes la responsabilité d’apporter le message aux peuples du monde.” Les anges le regardent perplexes (à douze hommes ? Et à quelques femmes ?) et posent encore une question : “Mais alors, quel est ton plan B ?”. Jésus dit “Il n’y a pas de plan B !”

Frères et sœurs, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous ce soir. La mauvaise est qu’il n’y a pas de plan B.

La bonne nouvelle est que nous en sommes toujours au plan A et que le plan A est constitué de chacun d’entre nous ! Jésus n’a pas dit : « Allez dans le monde entier, et bonne chance à tous ! ». Non, il nous a donné son Esprit : « Allez, de toutes les nations faites des disciples … et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28 : 20). C’est l’Evangile de demain !

Oui, il est avec nous chaque jour par le Père, par le Fils, et par son Esprit-Saint !

– Par le Père :  « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; Nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jn 14, 23).

– Par le Fils : Paul affirme : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ». (Galates 2, 20).

– Par l’Esprit : « Après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu. »  (Eph 1, 13).

Ce même Esprit-Saint de notre baptême et de notre confirmation qui est un Esprit de force pour annoncer Jésus-Christ ! « Vous recevrez une force, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1 : 8)

Vous recevrez une force … Recevoir … Lors de notre mariage, j’ai prononcé à Elisabeth cette formule liturgique « je te reçois comme épouse ». Imaginez un instant, qu’après l’avoir reçue comme épouse, je ne lui adresse plus la parole, ne lui demande rien, ne lui propose rien, ne la sollicite en rien … Je crois que notre mariage, aussi patiente que soit Elisabeth, n’aurait pas tenu 50 ans, mais pas même 50 jours ! Que faisons-nous de l’Esprit-Saint reçu ? Est-ce qu’on lui parle ? Est-ce qu’on lui demande ? Est-ce qu’on lui propose ? Est-ce qu’on le sollicite ?

Bien que le Saint-Esprit demeure dans tous les chrétiens, tous ne sont pas remplis du Saint-Esprit, c’est-à-dire qu’ils ne marchent pas tous sous sa conduite et dans sa puissance. La Bible présente 3 sortes d’hommes, beaucoup de théologiens ont traité de ce sujet : 

  • La personne sans Jésus-Christ: Le Saint-Esprit ne vit pas dans le cœur de celui qui n’a pas encore reçu Jésus-Christ comme son Sauveur et son Seigneur : (1 Corinthiens 2, 14) « L’homme, laissé à sa seule nature, n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu. C’est une folie pour lui. ». On peut constater autour de nous combien ont cette folie et nous sommes les soignants qu’ils attendent !
    Dans cette situation, le Moi est au centre de sa vie et l’Esprit-Saint est en dehors et ne conduit pas sa vie. Cette personne la dirige elle-même, demeure seule maître de son activité, ce qui ne lui apporte souvent que conflit, frustration et insatisfaction. Elle a peut-être réussi « dans la vie », mais réussit-elle « sa vie » ?
  • Le chrétien charnel : il s’appuie sur ses propres forces pour vivre la vie chrétienne. Parfois, comme la personne sans Jésus-Christ, il suit ses propres désirs plutôt que la volonté de Dieu. Il y a bien Jésus-Christ, mais le Moi prévaut. (1 Corinthiens 3 : 1-3) : « Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter ; et vous ne le pouvez pas, même à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et de la discorde, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas d’une manière toute humaine ?”. La jalousie, la discorde, on les retrouve aussi dans nos groupes de prière, dans nos mouvements et services d’Église, chaque fois que l’on suit ses désirs plutôt que la volonté de Dieu, chaque fois qu’on agit ne comptant que sur nous-mêmes ! Le chrétien charnel évite de faire le mal. Mais fait-il pour autant le bien ? 
  • Le chrétien rempli du Saint Esprit : Au moment où nous recevons Jésus-Christ, le Saint-Esprit vient vivre en nous (Romains 8, 8-10) : « Ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre ». Jésus-Christ prédomine notre Moi.

Par son action, l’Esprit-Saint transforme nos vies :

  • Il transforme notre caractère (Galates 5, 22-23) : « Le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. »  Témoignage : Au début de sa fréquentation d’un groupe de prière, je sentais Elisabeth de plus en plus amoureuse de moi. J’ai voulu encourager cela en désirant participer, moi aussi au groupe de prière !
  • Il fait de nous des témoins : « Vous recevrez une puissance …et vous serez mes témoins ». (Ac 1, 8)

Quand nous sommes remplis de l’Esprit-Saint :

  • Jésus-Christ est au centre de notre vie et la dirige.
  • Nous désirons vivre pour Jésus-Christ et le servir.

Quand nous donnons à l’Esprit-Saint la direction de notre vie, nous recevons :

  • le désir de plaire à Dieu.
  • le désir de lire la Bible et de prier.
  • le désir de témoigner de notre foi.

Notre confiance dans le Seigneur s’approfondit, nous savons que Dieu dirige notre vie et l’utilise pour sa gloire.

Quelle sorte de personne êtes-vous ? Sans Jésus-Christ ? Un chrétien charnel ? Ou rempli de l’Esprit-Saint ? Quelle sorte de personne voudriez-vous être ? Si vous le désirez, c’est dès maintenant que vous pouvez être rempli du Saint-Esprit…

(1 Jean 5, 14-15) « Voici l’assurance que nous avons auprès de lui Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous possédons ce que nous lui avons demandé. » . Ainsi, nous pouvons donc être sûrs qu’il nous remplira du Saint-Esprit. C’est par la prière que s’exprime notre foi.”

Nous sommes nés de l’Esprit : Le Saint-Esprit est la présence de Dieu dans notre cœur. Dieu est avec nous aujourd’hui dans la mesure où son Saint-Esprit habite en nous. L’Esprit de Dieu vit en nous, et nous sommes sa demeure : (2 Corinthiens 6, 16) : « Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.”. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.» (Jean 14, 16)

Le Saint-Esprit fait naître l’amour de Dieu dans nos cœurs. Les deux disciples qui ont voyagé et parlé avec Jésus ressuscité se disaient « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » (Luc 24, 32). L’Évangile d’hier ! Après avoir reçu lʼEsprit à la Pentecôte, les Apôtres étaient remplis d’un amour qui a duré toute leur vie et les a poussés à prêcher courageusement la Parole de Dieu (Actes 4, 30-31) : « Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.”

Alors, faisons le point pour savoir où nous en sommes de notre relation avec lui, dans notre vie quotidienne, évaluons notre intimité avec l’Esprit-Saint. Je vous propose un test “spirituo-technique”, il n’est ni parfait, ni exhaustif ! Chacun peut y répondre dans le secret de son cœur en notant 1 point pour « oui » ou « plutôt oui » et zéro pour « non » ou « plutôt non ». 20 questions mais qui sont aussi un mode d’emploi de l’Esprit-Saint pour notre vie quotidienne, 20 pistes concrètes. 

 1) Est-ce que je crois à l’Esprit-Saint, à ce que je dis lors du Credo : « Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie » ? Chic, j’ai un point ! Mais, attendez, ce n’est pas fini !

2) Ai-je confié cette rencontre, cette formation de ce soir, à l’Esprit-Saint ou y suis-je venu comme si j’allais à une AG de vie associative ou à un repas de famille ?

3) Et d’ailleurs avant toute rencontre, d’Église ou du monde, est-ce que je confie celle-ci à l’Esprit-Saint ?

Chaque fois que je participais à un jury, une soutenance, dans mon trajet Valenciennes-Lille, je disais à Dieu « Si je dois parler de toi, fais-moi signe ! ». Et je peux vous dire qu’à chaque fois il y avait des signes ! Et, souvent, le midi à table, je parlais de Dieu dans un milieu très laïc, voire laïcard !

 

4) Est-ce que je demande à l’Esprit-Saint qu’il me donne les mots pour témoigner de ma foi, pour vivre ma mission de baptisé, annoncer la Bonne Nouvelle ?

J’ai reçu dans la prière et je me suis engagé devant le Seigneur à :

  • chaque fois qu’on me demande de quel signe je suis, je réponds « du signe de croix ! ». J’espère qu’en tant que chrétien, qui met sa confiance en Dieu, vous ne croyez pas en toutes ces sornettes d’horoscope ou d’astrologie ! 
  • chaque fois que quelqu’un me dit, souvent par superstition, « je touche du bois » ou « je croise les doigts », je demande « Ah tu es chrétien ? ». « Moi aussi, et sais-tu que toucher du bois » signifie, à l’origine, toucher le bois de la Croix ? Ou que « je croise les doigts » est faire une petite croix avec le pouce et l’index ? ». Cet engagement me donne l’occasion de dire ma foi. Frères et sœurs, qui veut bien s’engager ce soir à faire de même ? 

5) Est-ce que je demande à l’Esprit-Saint de m’inspirer, de m’éclairer quant aux personnes que je dois inviter dans mon groupe de prière, à la messe, dans mon service ou dans mon mouvement ou cela n’est pas mon problème ? Quand était-ce la dernière fois …

6) (Eph 4, 30-31) : « N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit être éliminé de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. ». Quand je suis en colère contre mon prêtre, ou un paroissien, ou un frère, est-ce que je le maudis (étymologiquement : maldire), ou est-ce que j’invoque l’Esprit-Saint sur lui, ou sur moi afin que changent mon regard et mon cœur ? Est-ce que je le bénis  (étymologiquement : bien dire) ?

7) (1 Rois 16,16) :  « Et tu consacreras Élisée, fils de Shafath, d’Abel-Mehola, comme prophète pour te succéder. » Dans mon groupe de prière, mon service ou mon mouvement, est-ce que je me sens propriétaire de la mission, m’accrochant à celle-ci quand bien même je faiblis ou tombe dans la routine ? Ou est-ce que je sollicite régulièrement l’Esprit-Saint afin qu’il appelle la relève et m’aide à la percevoir et à la former ?

8) (Actes 15,28) : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé … » Avant de prendre une grande décision, d’acheter une maison ou une voiture, d’entreprendre un travail, un service d’Église ou associatif, est-ce que je confie mon projet à l’Esprit-Saint ?

9) (1 Tim 6, 10) : « Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. » Comment je gère mon argent ou mes dons ? Est-ce que je prie l’Esprit-Saint avant toute décision ? Au début du RCC, on était appelé à vivre la dîme … 

Début 1986, je fréquentais depuis quelques mois le groupe de prière de Valenciennes, de 70 personnes environ. Et le berger me dit un soir qu’il y aura des prières des frères et qu’il me désigne priant. Je ne l’avais jamais vécue, ni même comme “prié”, on dirait “requérant” de nos jours, ni même comme priant. Et, de surcroît, il n’y avait pas de binôme ! Ce n’était pas la prière des frères mais la prière d’un frère ! “Comment fait-on ?”. Sa réponse fut “Tu t’abandonnes à l’Esprit-Saint”. Bon, me voilà au fond de cette grande chapelle et une dame de 70 ans environ vient me demander la prière. “Qu’est-ce que tu demandes à Jésus ?”. “C’est dans mon cœur !”. Aïe, aïe, aïe … Ah oui, c’est vrai, s’abandonner à l’Esprit-Saint m’a dit le berger …  Rapidement me vient dans le cœur le mot “avarice”. De nouveau, aïe, aïe, aïe …. L’avarice, je n’ai pas de veine ! Après moultes précautions oratoires, je lui lâche le morceau. Et elle se met à pleurer ! Aïe, aïe, aïe … Mais de m’expliquer, qu’en effet, son avarice lui pourrit la vie, celle de sa famille et de son entourage avec lesquels tout lien est coupé. Elle me demande ce qu’elle doit faire. “Des chèques” fut ma seule et spontanée réponse ! Le vendredi suivant, elle se jette sur moi radieuse et rigolarde : “J’ai suivi ton conseil, j’ai fait plein de chèques et demander pardon à ma famille et à mon entourage, je suis enfin libérée !”. C’était la première fois que le Seigneur m’accordait un charisme ! Il m’a vraiment mis en abandon et confiance pour la suite !Pour l’exercice des charismes, confiance et abandon sont mes deux piliers !

10) Est-ce que je fonctionne à coup de « je veux » ou est-ce que je demande à l’Esprit-Saint quelle est la volonté de Dieu, c’est-à-dire ce que Dieu aime pour moi ?

Il y a plus de 25 ans, une communauté m’a demandé d’animer un week-end sur le thème « je veux faire la volonté de Dieu ». Avant de répondre, je me suis mis en prière pour savoir si c’était la volonté de Dieu de parler trois fois une heure sur le thème « je veux faire la volonté de Dieu ». Cela ne me paraissait pas du tout évident et j’étais grandement réticent ! Et dans ma prière, j’ai eu cette inspiration de me rappeler qu’en espagnol c’était le même verbe pour “vouloir” et pour “aimer” (le verbe « querer »). Et donc je pouvais traduire « je veux faire la volonté de Dieu » par « j’aime ce que Dieu aime pour moi ».  Forcément, ça m’inspirait bien davantage et j’ai accepté !

Accompagnateur spirituel d’Alex, 28 ans, celui-ci n’avait qu’une obsession, se marier. Il avait beau prier en ce sens, tout bel homme et brillant qu’il était, il ne voyait rien venir. Un jour je lui ai proposé de ne plus dire « je veux me marier » mais « Seigneur, je m’abandonne à ta volonté ! ». Il a accepté et j’ai reçu immédiatement le Ps 127, 3-4 : « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur. ». Un mois après, il venait me voir pour m’annoncer qu’il avait rencontré une fille super et superbe, lors d’une messe des jeunes à Lille. Ils ont 5 enfants …

“Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel” = que ce que tu aimes pour moi se réalise sur la terre comme au ciel.

11) Rom 8, 26 : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse ». Dans la tentation, est-ce que je crie à l’aide à l’Esprit-Saint pour m’en détourner ?

12) (Luc 24, 45) « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. » Pour mieux comprendre ce que me dit la Parole de Dieu, est-ce que j’invoque l’Esprit-Saint ?

13) (Eph 5, 18-20) « Soyez plutôt remplis de l’Esprit-Saint. Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur. À tout moment et pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, rendez grâce à Dieu le Père. ». La prière, la louange, le chant en langue, ce n’est pas évident ? Est-ce que je fais appel à l’Esprit-Saint ?

14) Quand monte la colère, la rancœur, l’amertume, le découragement, la déprime, est-ce que je sollicite l’Esprit-Saint, Esprit de force ?

15) En cas de tension dans mon couple, est-ce que je fais appel à la grâce de l’Esprit-Saint, reçue lors du Sacrement de Mariage ?

(Pour ceux qui vivent en Communauté : en cas de tensions, est-ce que je fais appel à l’Esprit-Saint pour nourrir et soutenir mon amour fraternel ?  Pour les autres : en cas de tension avec mon entourage, est-ce que j’invoque l’Esprit-Saint et le fruit de la Paix ?)

16) Si, à tort ou à raison, mon orgueil fait que je me vexe, est-ce qu’avec l’aide de l’Esprit-Saint j’accepte cette humiliation afin de devenir plus humble ? S’il y a de l’orgueil dans l’âme, le Saint-Esprit n’y entre pas … ». (1 Pierre 5, 5) : « Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. » 

17) Si j’ai du mal à pardonner, est-ce que je demande à l’Esprit-Saint de m’y aider, ou, dans un premier temps au moins de mettre en mon cœur le désir de pardonner ?

Au travail, j’avais beaucoup de difficultés relationnelles avec l’une de mes salariés, une femme assez volcanique dans ses propos, c’était une sicilienne ! Et le ton montait vite ! Je priais et, un matin, en me levant, j’avais cette certitude que le Seigneur me donnerait, le jour même, l’occasion de lui demander pardon. Quelle ne fut pas ma surprise de la voir m’attendant devant la porte de mon bureau à 8.00, me disant « Vous pouvez me recevoir ? Je viens vous voir pour vous demander pardon de mon comportement ! »

18) Dans l’écoute d’une personne en grande souffrance et qui attend des réponses à ses questions, est-ce ma tête qui fonctionne ou est-ce que j’invoque intérieurement l’Esprit-Saint pour que le cœur parle et à travers lui le Seigneur ?

De nouveau, au travail. Je rencontre une femme à qui je demande comment elle va. Elle me répond « Très mal, ça fait deux ans aujourd’hui ! ». Je la rencontrais régulièrement mais je ne savais plus de quoi elle parlait. « Mais deux ans que mon fils médecin est décédé, il avait trente ans, il avait le droit d’être heureux, sa femme et ses trois filles avaient le droit d’être heureuses. » Le droit de  … le droit de … se déclinait pour plusieurs proches, avec une rage intérieure mal contenue, à hauteur de sa souffrance. « Esprit-Saint, aide-moi à trouver la bonne réponse ! ». Instantanément me vient cette phrase que je n’avais jamais dite auparavant parce que jamais lue ou jamais pensée ! Je lui dis avec beaucoup de précautions oratoires « Madame X, je crois que la vie n’est pas un droit mais un don ! ». Interloquée, elle me quitta sur le champ. Et la secrétaire qui assistait à la scène de me dire « Mais qu’est-ce que vous lui avez dit là ? ». « C’était dans mon cœur ! ». Deux semaines plus tard, la secrétaire m’interpelle. « Monsieur, Madame X … demande si vous pouvez la recevoir. ». Bien sûr. « Je voulais vous dire que cette parole, que vous m’avez dite, a enfin permis, à mon mari et à moi-même, de faire notre deuil ! ». Voyez le rendement de l’Esprit-Saint : on l’invoque deux secondes et il libère deux personnes de deux années de détresse ! 

19) Est-ce que chaque matin, au saut du lit, j’invoque l’Esprit-Saint ? “Viens Esprit-Saint m’accompagner tout au long de cette journée !”, « Viens Esprit Saint, viens me renouveler ! ». « Viens Esprit Saint, Viens m’inspirer ! ». « Viens Esprit Saint, viens m’éclairer ! ». « Viens Esprit Saint, viens me consoler », chacun trouvera les mots qui lui conviennent le mieux.  (Ps 118, 147) : « Je devance l’aurore et j’implore : j’espère en ta parole ». (Ps 117, 24). Demandons chaque jour une nouvelle effusion de l’Esprit-Saint dans notre vie !

20) Est-ce l’esprit du monde qui guide ma vie ou l’Esprit de Dieu ? L’esprit du monde ou ce que me dit l’Eglise ? Mgr Robert Coffy, archevêque de Marseille de 1985 à 1995, disait : « Il y aura toujours un décalage entre ce que dit l’Eglise et ce que dit le monde. Sinon, ce ne serait plus l’Eglise de Jésus-Christ. ». Et il ajoutait : « Ce décalage entre ce que dit l’Eglise et ce que dit le monde est notre terre de mission. »

Bon, c’est le moment de compter ses « oui » ou « plutôt oui » et ses « non » ou « plutôt non ». Si l’un ou l’une d’entre vous a 20 / 20, je lui laisse volontiers ma place, il parlera mieux de l’Esprit-Saint que moi, qui suis encore loin des 20 / 20 même si j’ai pu expérimenter et que j’essaie d’expérimenter chacun de ces principes, cela n’est hélas pas vécu en permanence.  

Plus vous avez de « oui » ou « plutôt oui » à ces questions, plus vous savez « que hors de moi, vous ne pouvez rien faire » nous dit Jésus en Jean 15-5.

Si certains d’entre vous ont zéro ou un point, celui de la première question, qu’ils se réjouissent parce que s’ouvrent à eux de merveilleuses perspectives de vie dans l’Esprit, s’ouvre à eux un merveilleux chemin vers plus de sainteté, vers plus de paix et de joie, plus de bonheur !

A vrai dire si on a zéro, on est comme un dindon, si on a 20 on est comme un aigle.

  • Vous avez déjà vu un dindon qui essaie de voler ? Nous on sait qu’il ne peut pas voler, mais lui il ne le sait pas ! Il court tout ce qu’il peut pour s’envoler, à s’épuiser et n’arrive pas à s’envoler. Et tu ne te sens pas digne dindon ! Sans l’Esprit-Saint, on rame et ramer, ce n’est pas gai …
  • Regardez l’aigle maintenant : il déploie ses ailes et se place dans un courant ascendant … il peut monter plus de 1000 mètres, ainsi. Juste en déployant ses ailes et en se laissant porter par le vent. Il y a cela dans Isaïe 40-31 : « Ceux qui s’appuient sur le Seigneur retrouvent leurs forces. Il leur pousse des ailes, comme à l’aigle : ils s’élancent et ne se fatiguent pas, ils avancent et ne faiblissent pas. ». Avec l’Esprit-saint, on hisse les voiles et on se laisse voguer par le vent.

« Il vous faut renaître de nouveau. Le vent souffle où il veut et tu en entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. ».

Laissons-nous porter par le vent de l’Esprit, pour partir à l’assaut des adversités, les nôtres et celles du monde. Laissons-nous porter par le vent de l’Esprit pour être pleinement enfant de Dieu et frère de Jésus, pour témoigner de notre foi et vivre totalement le plan A dont je vous parlais précédemment : pour que le monde entier connaisse et reconnaisse le nom de Jésus.

 Pour cela, Saint-Paul nous propose quatre commandements :

  • “N’éteignez pas l’Esprit” (1 Th 5.19)
  • “Marchez par l’Esprit” (Ga 5.16)
  • “N’attristez pas l’Esprit” (Ép 4.30)
  • “Soyez remplis de l’Esprit” (Ép 5.18)

Aussi, sollicitons-le de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre foi. Alors nous verrons la Gloire de Dieu. Dans notre vie, dans notre ville, dans notre groupe ou communauté de prière, dans notre Eglise, dans le monde ! Invoquez l’Esprit de Pentecôte, l’Esprit de Dieu. Il est le Dieu qui agit, il est une personne.

Que l’Esprit-Saint nous éclaire et nous guide au long des jours avec l’aide et l’intercession de Marie, Marie qui fut l’exemple même de l’abandon, de la confiance à l’Esprit-Saint.

Que l’Esprit-Saint guide nos pas et soutienne notre chemin ! C’est mon vœu habituel, l’une de mes paroles familières !

Mais je vous en supplie, frères et sœurs, invoquons-le, invoquons-le, invoquons-le ! Chaque jour !  « Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit.” (Galates 5,25)

« Viens Esprit Saint, mets de l’ordre dans nos cœurs ; Viens Esprit Saint, fais-nous revivre, toi qui es l’Esprit du Ressuscité ; Viens Esprit Saint, brise nos chaînes ; Viens Esprit Saint, donne-nous d’accomplir la volonté de Dieu ; Viens Esprit Saint, fais l’impossible en nous ; Viens Esprit Saint, donne-nous la paix et la joie. »

Esprit-Saint merci de ta présence tout au long de cette formation, qui nous a invité à plus de proximité, à plus d’intimité avec ton Esprit.

Seigneur, tu as promis d’envoyer ton Esprit à tous ceux qui te le demandent, alors nous voici devant toi.  

Nous te présentons nos vies et te demandons de nous envoyer chaque jour ton Esprit pour qu’il vienne nous guider, nous inspirer, nous apprendre à mieux t’aimer, nous donner les charismes et nous fortifier pour mieux t’annoncer.  

Viens Esprit Saint ce soir en nos cœurs, viens nous visiter et nous rendre attentifs à ce que tu nous dis chaque fois que nous te sollicitons.

Amen ? Amen

 

 

 

– Qu’est ce qui m’a touché ou surpris dans cet enseignement ?

– Quels conseils ai-je trouvé pour que l’Esprit-Saint puisse agir davantage à travers moi ?

 

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