Fraternité Pentecôte a proposé une formation en visioconférence, sur quatre lundis. Le thème abordé était celui de “Vivre en intimité avec l’Esprit-Saint. Les trois premiers enseignements ont été donnés par Sœur Ruth, le dernier le sera par François Lebon, le lundi 20 avril.
Sœur Ruth et Sœur Tabitha ont fondé « les Sœurs Missionnaires du Christ Rédempteur ». Par leur vie consacrée à Dieu, par leur mission, elles désirent rejoindre la personne, dans toutes les dimensions de sa vie, pour lui permettre de rencontrer le Christ Rédempteur, se laisser sauver par lui et devenir son disciple. Leur vie est partagée entre le travail, la prière personnelle et communautaire, la vie fraternelle et la mission. Localement, elles participent à la vie de la paroisse. Pour en savoir davantage, c’est ICI
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Enseignement du 9 février 2026 : vivre par la foi, en enfant de Dieu
Dans le monde de notre temps, il me semble important de pouvoir témoigner de la grâce de notre baptême, de ce qu’elle change dans notre vie et pouvoir enseigner les catéchumènes sur ce qu’est vivre en enfant de Dieu.
1. Nous sommes enfants de Dieu
Voici ce que nous dit le Pape François : (Catéchèse sur la Lettre aux Galates – 8. Nous sommes fils de Dieu. Audience Générale, Salle Paul VI, Mercredi, 8 septembre 2021)
“Paul souligne que la foi en Jésus-Christ nous a permis de devenir réellement fils de Dieu et également ses héritiers. Nous chrétiens considérons souvent comme évidente cette réalité d’être fils de Dieu. Il est bon, au contraire, de se souvenir toujours avec reconnaissance du moment où nous le sommes devenus, celui de notre baptême, pour vivre avec une plus grande conscience le grand don reçu.
Dans le passage que nous avons écouté, il afirme que la foi permet d’être fils de Dieu « dans le Christ » (v. 26) : telle est la nouveauté. C’est ce « dans le Christ » qui fait la différence. Pas seulement fils de Dieu, comme tous : nous tous, hommes et femmes, sommes enfants de Dieu, tous, quelle que soit notre religion. Non. Mais « dans le Christ » est ce qui fait la différence chez les chrétiens et cela n’a lieu que dans la participation à la rédemption du Christ et en nous dans le sacrement du baptême, c’est ainsi que cela commence. Jésus est devenu notre frère, et par sa mort et sa résurrection, il nous a réconciliés avec le Père. Qui accueille le Christ dans la foi, à travers le baptême, est « revêtu » de Lui et de la dignité filiale (cf. v. 27).
Dans ses Lettres, saint Paul fait référence à plusieurs reprises au baptême. Pour lui, être baptisé équivaut à prendre part de façon effective et réelle au mystère de Jésus. Par exemple, dans la Lettre aux Romains, il arrivera même à dire que “dans le baptême, nous sommes morts avec le Christ et ensevelis avec Lui pour pouvoir vivre avec Lui” (cf. 6, 3–14). Ceux qui le reçoivent sont transformés profondément, au plus profond d’eux-mêmes, et possédent une vie nouvelle, précisément celle qui permet de s’adresser à Dieu et de l’invoquer par le nom d’« Abba », c’est–à-dire «papa». « Père »? Non, « papa » (cf. Ga 4, 6).”
Je suis fille / fils de Dieu, dans le Christ, par l’Esprit et cette parole de vérité ordonne ma vie. C’est la prière que nous redisons à chaque Notre Père. C’est bien cette expérience spirituelle personnelle qui est première dans ma vie.
Dans notre chemin de vie baptismale, l’expérience de l’effusion du Saint-Esprit renouvelle nos forces pour vivre en disciple du Christ .C’est une expérience spirituelle qui est une boussole intérieure, qui nous fait entrer dans la connaissance de notre identité en Dieu, et nous aide à nous orienter dans la vie.
Quels sont les versets bibliques qui me nourrissent, quels sont ceux qui me définissent ? Qui m’ont aidé à comprendre qui je suis pour Dieu ?
2. Je me reçois, comme enfant de Dieu, dans l’oraison

Je peux faire l’expérience de ma vie filiale, de différentes façons, nous allons parler de notre communion à Dieu, de recevoir dans notre cœur à cœur avec lui notre identité de fils et fille de Dieu.
Le catéchisme de l’Eglise catholique (CEC) au § 2712, nous dit que « L’oraison est la prière de l’enfant de Dieu, du pécheur pardonné qui consent à accueillir l’amour dont il est aimé et qui veut y répondre en aimant plus encore (cf. Lc 7,36-50 19,1-10). Mais il sait que son amour en retour est celui que l’Esprit répand dans son cœur, car tout est grâce de la part de Dieu. L’oraison est la remise humble et pauvre à la volonté aimante du Père en union de plus en plus profonde à son Fils bien-aimé.
Dans le cœur à cœur avec Jésus dans ma prière, je peux le laisser m’aimer et me conduire vers le Père, je peux laisser la parole de Dieu ou de l’Eglise nourrir ma vie de foi. Voici un texte qui peut m’aider à tourner mon cœur vers Dieu pour accueillir sa grâce :
Christus Vivit (Il vit le Christ) § 119-121 : “Ce Christ, qui nous a sauvés de nos péchés sur la croix, continue de nous sauver et de nous racheter aujourd’hui, avec le même pouvoir de son don total. Regarde le Christ, accroche-toi à lui, laisse-toi sauver, parce que « ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement ». EG 1 Car si tu pèches et t’éloignes, il te relève avec le pouvoir de sa croix. N’oublie jamais qu’il pardonne soixante-dix fois sept fois. Il revient nous charger sur ses épaules une fois après l’autre. Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable. Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie ». Son pardon et son salut ne sont pas une chose que nous avons achetée, ou que nous devons acquérir par nos œuvres et par nos efforts. Il nous pardonne et nous libère gratuitement. Le don de lui-même sur la croix est une chose si grande que nous ne pouvons ni ne devons payer, nous devons seulement le recevoir avec une immense gratitude et avec la joie d’être tant aimés, avant que nous puissions l’imaginer : « Il nous a aimés (le premier)» 1Jn 4,19
– J’ai besoin de revenir à la source de mon identité : pour cela j’ai besoin de nourrir ma vie de foi et je dois être attentif aux choix que je fais car c’est dans les choix de notre vie, au quotidien, que nous devons revenir à ce qui fait le cœur de nos vies, ce qui est premier, ce qui est notre trésor.
– Je sais qui je suis au-delà de ce que je peux penser de moi-même, de ces pensées qui me conditionnent dans la vie, de ce que je m’impose.
- Je sais qui je suis au-delà des jugements de certaines personnes, ceux qui ne m’édifient pas mais qui m’enferment, car Dieu me révèle qui je suis, il m’aide à faire du tri dans les paroles qui me sont dites.

J’ai besoin de faire un exercice spirituel pour alléger ma marche, je peux la faire aussi souvent que j’en aurais besoin : je peux déposer au pied de la croix tout ce qui vient étouffer, ce feu que Dieu est venu allumer dans mon cœur. Ce lieu de l’intimité avec lui. Pour que le souffle de l’esprit ravive ce feu, qui est ma boussole intérieure. Ce ressenti très personnel que je suis à ma place dans la vie et que Dieu est là, à mes côtés, jour après jour.
3. Choisissons de vivre en enfant de Dieu quand c’est difficile : laissons-nous consoler

Le poids de la croix, des épreuves peuvent peser sur notre vie. Parfois nous avons du mal à prier, ou même nous ne pouvons plus prier en raison :
– des épreuves
– de la perte d’autonomie physique, la souffrance physique, la fatigue
– des dépouillements matériels, affectifs …
– des deuils que nous devons faire
Tout cela peut peut peser sur notre vie de prière, notre intimité avec Dieu. Dans ces moments, nous avons besoin de consolation, de reposer sur le cœur du Père. Lui déposer toutes choses. « Tel un aigle qui éveille sa nichée et plane au-dessus de ses petits, il déploie son envergure, il le prend, il le porte sur ses ailes. Le Seigneur seul l’a conduit : pas de dieu étranger auprès de lui. » (Deutéronome 32, 11)
Ce passage biblique nous enseigne également que bien souvent, dans l’épreuve, nous cherchons la consolation ailleurs que dans le cœur à cœur avec Dieu. Alors qu’il est le seul qui peut restaurer, apaiser notre cœur. N’ayons pas peur de lui demander son aide.
Dans l’épreuve, nous avons besoin de consolation, pour que le Souffle de vie de l’Esprit (Ruah) nous relève, nous remette debout dans la résurrection et la vie.
Dans la souffrance et l’épreuve, nous allons vivre autrement notre intimité avec Dieu, laisser le Saint-Esprit nous conduire dans d’autres façons de demeurer avec lui, plus épurées, mais il est là présent. Nous pouvons lui offrir notre journée telle qu’elle sera et dans la foi croire que Dieu lui fait porter du fruit car notre vie lui appartient.
Et puis nous allons nous appuyer sur la prière de nos frères et sœurs dans la foi, pour ne pas nous laisser déraciner.
C’est ainsi que l’Esprit-Saint peut unifier ma vie, me donner sa paix, cette paix profonde qui me vient du fait de savoir que je fais sa volonté.
Si je ne sais plus où j’en suis, c’est que j’ai besoin de désencombrer mon cœur pour revenir à ce qui est premier, revenir à mon premier amour, à cette expérience forte de l’amour de Dieu pour moi, qui est ma boussole intérieure.

Comment j’accueille la consolation de Dieu dans ma vie ? Est-ce qu’il m’arrive de la lui demander ? Est-ce que j’ai fait l’expérience d’un apaisement et d’une libération de mon cœur qui m’a relevé ? Est-ce que je propose une prière de consolation aux personnes éprouvées que je connais ?
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Enseignement du 9 mars 2026 : persévérer dans l’intimité
1. Vivons la prière :
- Ne nous décourageons jamais de nous-mêmes car Dieu ne se décourage pas de nous
- Déconstruisons tous les mensonges de perfection
- Acceptons notre pauvreté, consentons au réel de ce que nous sommes
- Ayons de la bienveillance envers soi, être vrai : “Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.” (Jn 8, 31 – 32)
- Soyons responsable de notre vie, faisons preuve de charité et respect pour elle
- Aspirons à la sainteté, désirerons-la. Il y a cette écharde dans notre chair, que nous voyons comme un frein spirituel dans notre vie et il y a ce que nous ne voyons pas de nous-mêmes et que le Seigneur veut mettre en lumière.
Thérèse de l’EJ, histoire d’une âme : “Au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables ; je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle.
J’ai recherché dans les livres saints et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : “Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi.” Alors je suis venue, et voici ce que j’ai trouvé : “Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! “
Ah ! Jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire ! Il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus.”

Quelles sont les pensées de mon cœur aujourd’hui, vis-à-vis de ma vie, de ce que je suis ?
Prenons le temps de rendre grâce à Dieu pour tout ce que nous sommes, tout ce qui fait notre vie.
2. C’est Dieu qui transforme tout notre être
- C’est Dieu qui agit dans nos vies, nous fait grandir en sainteté
- Nous pouvons, sans le vouloir limiter son agir
- Il y a une part d’aveuglement sur nous-même, et le carême est le moment propice pour demander à Dieu de faire la lumière sur nos vies, sur l’intention de notre cœur.
- Soyons prêts à nous laisser surprendre, laissons un plein accès à Dieu à notre cœur quel qu’en soit le prix.
- Oublions notre amour propre soyons centrés sur Dieu, sur ce qu’il veut pour nous et pour son Eglise. Oublions-nous, vivons pour lui.
- Thérèse de Lisieux – (Manuscrit B 1v°) « Je crois tout simplement que c’est Jésus Lui–même caché au fond de mon pauvre cœur, qui me fait la grâce d’agir en moi, et me fait penser tout ce qu’Il veut que je fasse au moment présent. »

Détachons-nous de plus en plus fort de nos pensées, de nos besoins, de nos désirs, c’est faire de la place à Dieu et faire sa volonté. Je vous propose de faire cet exercice durant ce carême : “Seigneur que veux-tu que je fasse pour toi ?” Laissons l’Esprit-Saint éveiller nos cœurs et nous poser la question durant notre journée.
3. Faisons preuve de bienveillance envers les autres comme envers soi
- Sachons changer de regard sur notre prochain, comme sur notre vie
- Espérons contre toute espérance : espérer pour les autres, espérer pour soi
- Vivons la patience, le respect, la charité
- « Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. » Mt 7,12
Ce travail de nos cœurs, dans l’intimité avec le SE nous ouvre à plus de patience, de douceur et de bienveillance envers les autres. Notre vie est transformée non pour nous-mêmes mais pour être donnés. Le monde a besoin de témoins qui vivent l’évangile jusqu’au bout.
Je vous propose de prendre le temps d’écrire votre prière à l’Esprit-Saint durant ce temps de carême.
Ex : “Seigneur, c’est toi qui agit en mon cœur, en ton temps. Seigneur, vois mon désir de t’aimer, d’aimer mes frères en vérité, de me laisser conduire par toi, fais-me marcher par la foi pour que ton royaume advienne au mieux de nous, que je puisse te servir avec ferveur.”
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Enseignement du 30 mars 2026 : la mission comme lieu de communion à Dieu
1. Nous ne vivons pas pour nous-mêmes :
- La charité et les charismes sont au service de nos frères et sœurs
- Nous sommes invités à marcher à la suite du Christ pour renoncer à nous-mêmes, prendre notre croix et le suivre, pour que le royaume des cieux advienne au milieu de nous.
- La charité brûle nos cœurs, l’Esprit-Saint renouvelle sans cesse ce feu en nous. Il donne à chacun les charismes dont il a besoin pour se mettre au service.
La joie de l’Evangile §179-180 : Ce lien indissoluble entre l’accueil de l’annonce salvifique et un amour fraternel effectif est exprimé dans certains textes de l’Écriture qu’il convient de considérer et de méditer attentivement pour en tirer toutes les conséquences. Il s’agit d’un message auquel fréquemment nous nous habituons, nous le répétons presque mécaniquement, sans pouvoir nous assurer qu’il ait une réelle incidence dans notre vie et dans nos communautés. Comme elle est dangereuse et nuisible, cette accoutumance qui nous porte à perdre l’émerveillement, la fascination, l’enthousiasme de vivre l’Évangile de la fraternité et de la justice ! La Parole de Dieu enseigne que, dans le frère, on trouve le prolongement permanent de l’Incarnation pour chacun de nous : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Tout ce que nous faisons pour les autres a une dimension transcendante : « De la mesure dont vous mesurerez, on mesurera pour vous » (Mt 7,2) ; et elle répond à la miséricorde divine envers nous. « Montrez-vous compatissants comme votre Père est compatissant. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis. Donnez et l’on vous donnera… De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous en retour » (Lc 6,36–38).
Ce qu’expriment ces textes c’est la priorité absolue de “ la sortie de soi vers le frère” comme un des deux commandements principaux qui fondent toute norme morale et comme le signe le plus clair pour faire le discernement sur un chemin de croissance spirituelle en réponse au don absolument gratuit de Dieu. Pour cela même, « le service de la charité est, lui aussi, une dimension constitutive de la mission de l’Église et il constitue une expression de son essence-même ». [144] Comme l’Église est missionnaire par nature, ainsi surgit inévitablement d’une telle nature la charité effective pour le prochain, la compassion qui comprend, assiste et promeut.”
En lisant les Écritures, il apparaît du reste clairement que la proposition de l’Évangile ne consiste pas seulement en une relation personnelle avec Dieu. Et notre réponse d’amour ne devrait pas s’entendre non plus comme une simple somme de petits gestes personnels en faveur de quelque individu dans le besoin, ce qui pourrait constituer une sorte de “charité à la carte”, une suite d’actions tendant seulement à tranquilliser notre conscience. La proposition est le Royaume de Dieu (Lc 4,43) ; il s’agit d’aimer Dieu qui règne dans le monde. Dans la mesure où il réussira à régner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité, de justice, de paix, de dignité pour tous. Donc, aussi bien l’annonce que l’expérience chrétienne tendent à provoquer des conséquences sociales. Cherchons son Royaume : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Mt 6,33). Le projet de Jésus est d’instaurer le Royaume de son Père ; il demande à ses disciples : « Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche » (Mt 10,7).”
2. Entrons dans une obéissance plus grande à Dieu
Il n’y a pas d’intimité avec Dieu sans obéissance.
Redemptoris Mater §13, Jean-Paul II : “Comme l’enseigne le Concile, «à Dieu qui révèle est due “l’obéissance de la foi” (Rm 16,26 cf. Rm 1,5; 2Co 10,5–6) , par laquelle l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu» (29). Cette définition de la foi trouve en Marie une réalisation parfaite. Le moment «décisif» fut l’Annonciation, et les paroles mêmes d’Elisabeth: «Bienheureuse celle qui a cru» se rapportent en premier lieu à ce moment précis(30). A l’Annonciation en effet, Marie, s‘est remise à Dieu entièrement en manifestant «l’obéissance de la foi» à celui qui lui parlait par son messager, et en lui rendant «un complet hommage d’intelligence et de volonté»(31). Elle a donc répondu de tout son «moi» humain, féminin, et cette réponse de la foi comportait une coopération parfaite avec «la grâce prévenante et secourable de Dieu» et une disponibilité parfaite à l’action de l’Esprit Saint qui «ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite»(32).
Ne limitons l’agir de Dieu en nous. Isaïe 55,5-9 : “Les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.”
Acceptons le décalage entre nos grands désirs (selon Dieu) et la réalité de notre vie (selon le monde). Acceptons d’être dans le monde sans être du monde.
“Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retiresdu monde, mais pour quetu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas aumonde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un.”(Jn 17, 13- 22)
3. Les freins qui peuvent exister dans nos cœurs
Pape François, “La joie de l’Evangile” :
78 “Aujourd’hui, on peut rencontrer chez beaucoup d’agents pastoraux, y compris des personnes consacrées, une préoccupation exagérée pour les espaces personnels d’autonomie et de détente, qui les conduit à vivre leurs tâches comme un simple appendice de la vie, comme si elles ne faisaient pas partie de leur identité. En même temps, la vie spirituelle se confond avec des moments religieux qui offrent un certain soulagement, mais qui ne nourrissent pas la rencontre avec les autres, l’engagement dans le monde, la passion pour l’évangélisation. Ainsi, on peut trouver chez beaucoup d’agents de l’évangélisation, bien qu’ils prient, une accentuation de l’individualisme, une crise d’identité et une baisse de ferveur. Ce sont trois maux qui se nourrissent l’un l’autre.”
79 “La culture médiatique et quelques milieux intellectuels transmettent parfois une défiance marquée par rapport au message de l’Église, et un certain désenchantement. Comme conséquence, beaucoup d’agents pastoraux, même s’ils prient, développent une sorte de complexe d’infériorité, qui les conduit à relativiser ou à occulter leur identité chrétienne et leurs convictions. Un cercle vicieux se forme alors, puisqu’ainsi ils ne sont pas heureux de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font, ils ne se sentent pas identifiés à la mission évangélisatrice, et cela affaiblit l’engagement. Ils finissent par étouffer la joie de la mission par une espèce d’obsession pour être comme tous les autres et pour avoir ce que les autres possèdent. De cette façon, la tâche de l’évangélisation devient forcée et ils lui consacrent peu d’efforts et un temps très limité.”
80 “Au-delà d’un style spirituel ou de la ligne particulière de pensée qu’ils peuvent avoir, un relativisme encore plus dangereux que le relativisme doctrinal se développe chez les agents pastoraux. Il a à voir avec les choix plus profonds et sincères qui déterminent une forme de vie. Ce relativisme pratique consiste à agir comme si Dieu n’existait pas, à décider comme si les pauvres n’existaient pas, à rêver comme si les autres n’existaient pas, à travailler comme si tous ceux qui n’avaient pas reçu l’annonce n’existaient pas. Il faut souligner le fait que, même celui qui apparemment dispose de solides convictions doctrinales et spirituelles, tombe souvent dans un style de vie qui porte à s’attacher à des sécurités économiques, ou à des espaces de pouvoir et de gloire humaine qu’il se procure de n’importe quelle manière, au lieu de donner sa vie pour les autres dans la mission. Ne nous laissons pas voler l’enthousiasme missionnaire.”

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