“En ces temps eschatologiques, n’ayons pas peur.” Par Jean-Baptiste Bourguignon

En ces temps eschatologiques, n’ayons pas peur…

Par Jean-Baptiste Bourguignon, ancien coordinateur national de Fraternité Pentecôte.

Seigneur Jésus, en ces temps de grande confusion et de souffrances, nos cœurs sont certes déchirés, mais tu es bien là, avec nous. Nous redisons « que ton règne vienne » et nous t’entendons nous dire : que fais tu pour que mon Règne vienne ? Ta parole est vivante et nous sommes assurés de la présence de ton Saint Esprit. « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit » : l’avons-nous reçue ? Oui bien sûr, mais nous redemandons cette grâce tous les jours… avec aussi la grâce de nous laisser saisir, pour aller au large, là où nous n’avons plus pied (cette grâce de n’avoir à compter que sur toi).

Aujourd’hui, il est bon de se savoir « envoyés », encore et encore, dans ce monde qui ne sait plus où il va, mais que nous voulons aimer passionnément car tu as donné ta vie pour lui : pour tous les hommes ! Toute l’Église continue la route à ta suite, envers et contre tout, pour « guérir les malades et proclamer que le royaume est déjà là » : nous voici donc, fidèlement, tous disciples-missionnaires au cœur brûlant, même si nous voyons que le petit troupeau est attaqué et persécutés de tous côtés, de l’occident à la Chine ; et si nous ne voyons pas toujours le résultat de nos efforts !

Nous sommes envoyés chacun selon son appel propre, avec un cœur « d’additionneurs de grâce », assurés que « chacun reçoit le don de l’Esprit en vue du bien de tous », même si c’est difficile à vivre. Nous sommes ton peuple et tu es notre Dieu, un Dieu d’Amour, sans limite et tu veux le bonheur de tous les hommes. Et nous te remettons notre tristesse de voir l’ignorance et le rejet d’un grand nombre. Aujourd’hui, 13 octobre 2020, où ce texte est écrit, nous faisons mémoire du miracle du soleil annoncé à Fatima. Oui nous pouvons croire aux miracles, avec la certitude que ton bras ne sera jamais trop court. Seigneur, viens et renouvelle tes merveilles, ici et maintenant  !

Il y a 3 jours, notre équipe de mission de rues est repartie au large, après 9 mois d’attente, pour aller proclamer le Kérygme : ce cri de l’Amour fou du Christ mort et ressuscité pour nous. Porter les masques n’a en rien empêché la « rencontre » et mesurer la soif de nos frères et sœurs en humanité. Nos paroles de joie et de consolation sont tellement attendues. (Voir le texte ci-dessus intitulé : “Belle rencontre avec Pierrette dans la rue”, figurant également dans la rubrique “témoignage”).

En ces jours, nous goûtons aussi l’encyclique du pape qui nous envoie vers les « Fratelli Tutti » et son exhortation à avoir une âme missionnaire pour la semaine de ma mission : « envoie-nous ». Oui nous sommes confirmés dans notre témoignage de vie, en paroles et en actes, seul et ensemble. Oui nous sommes « sûrs de toi » avec ces paroles d’Isaïe, toujours brûlantes aujourd’hui : « voici le Dieu qui me sauve, j’ai confiance, je n’ai pas de crainte, ma force et mon chant c’est le Seigneur, il est pour moi le salut ». Oui cette parole est vraie et vivante et toute simple car avec un peu d’humour, nous pouvons dire qu’avec Jésus c’est « trois fois rien » : « rien n’est impossible à Dieu ; ne nous inquiétons de rien » rien ne nous séparera de son amour » ! Voilà ce que nous croyons alors qu’il y aurait de quoi désespérer humainement en voyant aussi notre Église affaiblie, attaquée et inaudible. Nous traversons les ravins de la mort, mais le psalmiste nous dit aussitôt que « nous ne craignons aucun mal , car tu es avec nous, ton bâton, c’est à dire ton Esprit nous guide et nous rassure ».

Dans ce temps de détresse, avec aussi le vote des lois bioéthiques, nous voyons le mal et la puissance de l’adversaire à l’œuvre. Le mensonge devient vérité : ainsi face aux attaques contre la vie, particulièrement la mort des enfants dans le sein maternel, nous sommes déchirés. Il s’agit là d’une réalité tragique pour chacune de ces mamans et avec la miséricorde de Dieu on aimerait proclamer une parole de consolation, même si elle est difficile à annoncer et recevoir :
“Ne soyez  ni affligées, ni a-mères: vos enfants non-nés sont bien vivants. Ils vous disent: oui, vous n’aviez pas tout compris….Ils vous disent: nous vous attendons; oui, ils vous disent: nous nous reverrons un jour…nous sommes près de vous, dans l’invisible. Voila une sacrement bonne nouvelle…et si vous ne l’avez pas encore fait: donnez- leur un prénom et restez dans l’espérance, autant qu’il est possible…”

Mais nous savons que la Croix ouvre inéluctablement à la Résurrection et nous sommes tendus vers le retour du Messie et sa Victoire dans le combat terrible de ces jours où il nous dit, pour notre plus grande joie : « ce combat est le mien ». Une relecture du Cardinal Newman, canonisé le 13 octobre 2019, nous ouvre, en cette époque, sur une vision eschatologique inéluctable qui se déploie progressivement sous nos yeux. Que nul ne vous trompe d’aucune manière : rien n’arrivera’ si l’apostasie n’est pas venue d’abord, et que ne s’est pas révélé l’homme de l’iniquité, le fils de la perdition”. 2 Th 2, 3. C’est notre foi qui nous soutient vers cette échéance, encore lointaine certainement, ne serait- que pour attendre et prier pour l’illumination du peuple d’Israël, le peuple élu, proclamée par Paul dans sa lettre aux Romains au chapitre 11. Quelques passages des pensées du cardinal Newman figurent ci-après, pour ne pas alourdir ici. Que tous les lecteurs aient ainsi le désir d’aller chercher et lire la totalité de ses 4 sermons de feu.

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Belle rencontre avec Pierrette dans la rue :

C’est de nouveau un samedi:  nous partons “au large” sur le lieu prévu à une sortie du RER, avec l’équipe du “Salut pour tous”. Nous avons le cœur toujours un peu battant mais … brûlant d’Amour pour toutes les personnes que nous allons rencontrer. D’emblée nous prenons “position” à côté d’un petit marchand ambulant avec ses cageots de fruits sur lesquels il est écrit en gros: SALUD (pas besoin de connaitre l’espagnol pour accueillir ce petit signe du Ciel !). C’est l’assurance que la mission va porter du fruit, comme à chaque fois ; ce qui nous émerveille !

Nous avons bien sûr prié et chanté avant le départ et nous sommes envoyés en mission  par le prêtre de l’église du Saint Esprit. Nous partons en hâte, à  8 cette fois-ci, la joie au cœur : comme une petite Église “ambulante”. Nous demandons la grâce d’un cœur disponible pour nous et nos frères et sœurs de rencontre. Nous allons, 2 par 2,  annoncer et témoigner de Jésus et de son Amour.  Nul doute qu’il nous précède. Nous avons vraiment ce désir d’être “doux et humble de cœur“, comme Lui. Nous avons demandé la force du Saint Esprit et nous croyons que nous l’avons reçue (Actes 1, 8).

Et voici cette personne qui s’avance sur le trottoir : allons-nous aller vers elle? Qui est-elle ? Va-t-elle s’arrêter ? Comment allons-nous l’aborder ? Et chaque fois c’est le miracle de la “rencontre”, totalement inattendue. Nous avons conscience de cette part de mystère, comme au Buisson Ardent : nous enlevons spirituellement nos sandales, comme Moise. Oui, nous avons conscience que cette terre de la rencontre est une terre sacrée : une relation va s’ouvrir, avec sa part de mystère : ce n’est plus nous qui vivons mais le Christ en nous. Il nous dit de guérir les malades et annoncer le Royaume. 

Cette dame s’avance donc vers nous, les cheveux au vent, pas encore la soixantaine. Nous lui disons sereinement qui nous sommes. Elle s’appelle Pierrette.

Un échange profond qui nous emmène dans un très long cœur à cœur. Oui elle est en recherche ; sa soif spirituelle est immense. Elle croit certes à une vie qui serait éternelle mais plutôt en se fondant dans un “grand tout”. Elle cherche le sens de sa vie et jusqu’à présent elle veut tracer seule sa route. Elle exprime son épuisement, ses questions sur l’existence, le mal, etc … Elle ne veut pas partir et nous partageons les trésors de notre foi en Jésus notre Sauveur bien aimé, mort et ressuscité. Impossible de tout redire dans ces lignes. Nous touchons le Ciel, à moins que ce ne soit le Ciel qui se penche sur notre Terre pendant ces minutes précieuses. Nous lui exprimons que Jésus a donné sa vie pour elle, qu’elle est aimée.

Nous lui offrons alors de prendre un “petit pain de la Parole de Dieu”. C’est le passage où Jésus demande à ses disciples de se mettre à l’écart et de se reposer. C’était juste ce qu’elle venait de nous exprimer auparavant ; à savoir qu’elle était épuisée. Temps de grâces. Les larmes montent à ses yeux. Nous sommes bouleversés, mais vraiment heureux et elle aussi: visiblement elle a reçu une consolation. Comme elle le dit: chacun sème et nous ne pouvons qu’être d’accord : oui il faut qu’on s‘aime. 

On serait resté des heures : elle était là sans désir de partir. Nous savons que le Seigneur va continuer son œuvre et nous n’allons pas la lâcher dans la prière. Elle habite pas loin mais nous ne saurons sans doute pas “la suite”. Cela ne nous appartient pas, même si elle est repartie avec la feuille de la paroisse et la carte avec le téléphone de la Mission du Salut… et aussi ce merveilleux petit livre : “Dieu est Amoureux”. Gloire à Dieu !

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Cardinal Newman : Vers notre éternité, dans cette Parousie

que nous ne devons pas craindre, et que nous voulons hâter

Oui, au milieu de notre mission sur cette terre, nous attendons le retour glorieux de Jésus Christ à la fin des temps bibliques, dans le but d’établir définitivement son Royaume .

« Rien n’arrivera’ si l’apostasie n’est pas venue d’abord, et que ne s’est pas révélé l’homme de l’iniquité, le fils de la perdition ». 2 Th 2, 3

Aux temps « christiques » s’opposeront les temps « antichristiques » ; au dévoilement progressif de la lumière jusqu’à l’Incarnation, à partir de laquelle l’Église va grandir et couvrir toute la terre, succédera l’obscurcissement progressif jusqu’au second avènement du Christ, la lente récession de la foi que Lui-même a évoquée : « le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18:8) Et de même que l’expansion de la foi a suivi la résurrection du Christ, de même l’expansion de l’apostasie précédera son retour glorieux, et la mesure de l’apostasie sera à son comble quand, singeant l’Incarnation du Verbe, elle s’incarnera en un individu : l’Antichrist.

Nous nous trouvons dans la position des premiers chrétiens, avec la même foi, le même ministère, les mêmes sacrements et les mêmes devoirs ; nous sommes des témoins, le mépris et la souffrance sont notre lot, et nous ne devrions pas être surpris qu’ils fondent sur nous, mais étonnés au contraire qu’ils nous soient gracieusement épargnés. Nous devons garder nos cœurs en éveil comme s’ils avaient contemplé le Christ et ses apôtres et vu leurs miracles, en éveil dans l’espoir et l’attente de son second avènement ; le guettant – bien plus, désirant ardemment en voir les signes ».

Si le Christ est l’alpha et l’omega, si ses deux avènements se répondent à l’origine et au terme de l’histoire, les événements qui précéderont son retour refléteront nécessairement ceux des premiers temps de l’Église, les refléteront mais en les inversant, car contre le Christ, depuis l’origine et jusqu’à la fin, se dresse l’Antichrist.

Les chrétiens de Thessalonique s’étaient figuré que le retour du Christ était imminent. Saint Paul écrit pour les garder d’une telle attente. Non pas qu’il veuille les décourager de guetter la venue du Christ, bien au contraire, mais il les prévient qu’un certain événement devra la précéder — et tant que « cela » n’aura pas eu lieu, la fin ne sera pas. Parce que ‘rien n’arrivera’, affirme-t-il, si l’apostasie n’est pas venue d’abord. Aussi longtemps que durera le monde, ce passage de l’Écriture ne cessera d’éveiller, chez les chrétiens, une curiosité mêlée de révérence. C’est leur devoir, en effet, de guetter sans relâche l’avènement de leur Seigneur, d’en chercher les présages dans tout ce qui se produit autour d’eux, et surtout de garder en mémoire le signe grave et redoutable dont fait mention notre texte. Il n’est donc pas hors de propos, en ces temps où nous tournons nos pensées vers la venue du Christ, de passer en revue les avertissements de l’Écriture qui concernent son précurseur. C’est ce que je me propose de faire maintenant en plusieurs sermons, et ce faisant je me mettrai sous la conduite exclusive des Pères de L’Église .

Prends garde à toi, homme :Tu entends les signes de l’Antichrist. Ne sois pas seul à les garder en mémoire, mais donne-les sans retenue en partage à tous. Cyrille de Jérusalem.”

 

 

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