EDITO : Joyeuse proclamation de la Résurrection !

Une Joyeuse assurance !  par Catherine Fricoteaux

“Ils couraient tous les deux ensemble”

Après Pâques, voilà le temps où la liturgie nous propose de relire en communauté les premiers chapitres des Actes des Apôtres. Audacieuse annonce de la Résurrection de Jésus, par les disciples transformés, équipés par les dons du Saint Esprit.

Quel paradoxe, cette joyeuse proclamation, si l’on considère l’actualité du « temps présent » ! L’homme est devenu capable d’atteindre la planète Mars, mais se trouve désemparé et terrifié devant l’épidémie mondiale qui s’est abattue sur sa petite planète.

La terre semble devenir de plus en plus minuscule et vulnérable au fur et à mesure que la science dévoile l’immensité de l’univers. Seigneur, qu’est donc l’homme pour que tu penses à lui ? L’homme est semblable à un souffle, ses jours sont comme l’ombre qui passe (Ps 144, 3-4). À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes ? À peine le fis-tu moindre qu’un dieu… tout fut mis par Toi sous ses pieds (Ps 8, 4-7).

Vraiment ? Il semble que l’homme ne se soit jamais senti globalement aussi faible et menacé. La culture ambiante, les médias, diffusent une culture de peur et de mort, dont nous risquons de devenir esclaves en la relayant, si nous n’y prenons pas garde. Est-il besoin de préciser qu’il n’est nullement question ici de défier, par témérité, les règles de précaution instaurées en ces temps particuliers ? Mais il s’agit bien de mettre une garde à nos pensées et nos paroles ! N’épousons pas l’esprit du temps.

Au lieu de la peur et de la déprime, c’est la parrhèsia, l’assurance joyeuse, don du Saint Esprit, qui nous est offerte. Ce mot que Luc utilise à de nombreuses reprises dans les Actes des apôtres désigne la capacité de parler en toute liberté, en toute assurance pour évangéliser : Pierre, qui a eu peur de se déclarer disciple de Jésus devant une servante, est désormais capable d’annoncer Jésus ressuscité- avec quelle autorité ! – devant le peuple tout entier, et devant le Sanhédrin, avec Jean, malgré la prison et les coups : « Considérant l’assurance de Pierre et de Jean, et se rendant compte que c’étaient des gens sans instruction ni culture, les sanhédrites étaient dans la stupéfaction » (Ac 3 et 4). C’est l’un des fruits de l’expérience du baptême dans le Saint Esprit, grâce dont nous sommes porteurs pour nous-mêmes et pour nos frères. Telle est notre « actualité » !

Louer Dieu en toutes circonstances, y compris dans les tribulations, ce n’est pas de l’inconscience, mais c’est le fruit du baptême dans le Saint Esprit. Combien de fois n’avons-nous pas chanté les paroles de St Paul : Soyons toujours joyeux et prions sans cesse, en toutes choses rendons grâce à Dieu (Phi 4, 4).

Si nous gémissons, alors que ce soit les gémissements du Saint Esprit : Toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement…Nous-mêmes qui possédons les prémisses de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps… l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables… » (Rm 8, 22-26). Les gémissements dont il est question ici correspondent tous précisément en grec à la femme en travail, en train d’accoucher : ce ne sont pas des gémissements de désespoir, mais de puissance de vie. Il s’agit bien de l’intercession prophétique par excellence.

Qui peut mesurer limpact spirituel de nos assemblées de prière petites ou grandes, toutes fondées dans la louange ?

Ainsi notre groupe de prière, redémarrant avec une quinzaine de personnes, après des mois sans rencontres autres que téléphoniques : nous avons mis des chaises à l’extérieur de la salle paroissiale, plutôt glaciale, en peu en contrebas d’une rue assez passante : voilà qui ne payait pas de mine ! Mais quel encouragement du Seigneur par les paroles reçues : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem… » (Is, 40, 1-2) et encore : « La gloire de Yahvé s’éleva de dessus le chérubin vers le seuil du Temple, le Temple fut rempli de la nuée, et le parvis fut rempli de la lueur de la gloire de Yahvé » (Ez, 10, 4). Cette gloire du Seigneur ne venait-elle pas couvrir aussi ceux qui passaient en voiture, à côté ! Quel bel encouragement pour chaque groupe de prière, si petit soit-il !

C’est aussi ce moment inoubliable, le dimanche soir du WECooD par zoom, où tous les soixante-dix coordinateurs diocésains réunis avons été saisis ensemble, pour proclamer – avec quelle force ! – à la suite de Paul : Oui j’en ai l’assurance ni mort, ni vie, ni anges ni principautés, ni présent, ni avenir, ni puissances… ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rm 8, 38).

« Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? … Mais en tout cela, nous sommes « hyper vainqueurs » par celui qui nous a aimés » (Rm 8, 37, “hyper” : terme grec exact de Paul).

1 Commentaire

  1. Merci Catherine pour ce bel encouragement et ce beau témoignage. Oui nous sommes vainqueurs avec Jésus et nous sommes appelés à le faire savoir autour de nous.
    Merci encore.

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